Le retour de DJ M

DJ M est de retour, et il vous propose sa sélection musicale spéciale été !

(pour écouter des extraits des albums présentés, c'est tout en bas que ça se passe)

ALABAMA SHAKES : Sound & color
Originaire d'Athens, petite bourgade dans l'Alabama à quelques kilomètres des célèbres studios de Muscle Shoals où Aretha Frankllin, Otis Reading ou encore Lynyrd Skynyrd ont enregistré plusieurs de leurs classiques, les membres d'Alabama Shakes ont bercé dans cette soul mêlée de rock si chère à cette région. Mais Alabama Shakes doit beaucoup au charisme indéniable de sa chanteuse, Brittany Howard. Une voix renversante aux accents gospel et soul à la rencontre d'une Janis Joplin et d'un Otis Reading, rien que ça ! Ensemble, le trio enregistre des maquettes qui tombent entre les mains de Heath Fogg qui le rejoindra sur scène alors qu'ils assuraient la première partie de son groupe. Sur scène, les Shakes interprètent leurs compositions mais le set est agrémenté de reprises très diverses de James Brown, Otis Redding, Led Zeppelin et AC/DC. Les choses s'accélèrent lorsqu'un bloggeur de Nashville poste le titre 'You ain't alone', dès le lendemain, le groupe est submergé de mails de maisons de disques, éditeurs et managers... Le premier single 'Hold on' confirme tous les espoirs en ce groupe, un titre rock / soul revival au riff de guitare imparable. Leur prestation au festival CMJ à New York enfonce le clou, le groupe impressionne, les critiques sont alors unanimes : Alabama Shakes est sans aucun doute l'un des groupes de 2012 ! ''Boys & Girls'', leur premier album a été enregistré à Nashville, pas de producteurs de renom derrière les consoles, le groupe a préféré s'en occuper afin de préserver l'authenticité de leur son digne des classiques du genre. Sound & color a été enregistré durant l’année 2014 et si les musiciens ont pris le temps de peaufiner cet album ils n’ont rien perdu de leur fraicheur et passe haut la main le stade du deuxième album, avec deux hits « Don’t wanna fight » et « Gimme all your love » qui allient la douceur de la soul et la violence du rock.


 

KOUDLAM : Benidorm dream
50% Chaos - 50% symphonie. Koudlam est considéré par la critique et le public comme un compositeur à part, dont la musique futuriste et archéologique, mix de rythmes tribaux, de flûtes de pan de synthèse, de mélodies lumineuses nimbées de voix fantasmatiques et de choeurs métaphysiques, parfois qualifiée de "world music de l'apocalypse", réussit à faire le grand écart entre violence techno et Symphonie du Nouveau Monde. "Benidorm dream", son 3ème album, a été composé dans une tour de Benidorm, comme une ode solitaire et mélancolique à cette cité balnéaire espagnole unique au monde, où le chaos architectural, semble célébrer une fête qui ne veut pas finir, dans un monde en sursis.
 


ROYAL BLOOD : Royal blood
Le groupe Royal Blood (originaire de Brighton en Angleterre) va dans la lignée des héros du rock actuel comme les Queens of the Stone Age en passant par Led Zeppelin, puisant son inspiration chez les pionniers du blues. Leur attaque féroce est le savant mélange de seulement deux hommes - le chanteur/bassiste Mike Kerrr et le batteur Ben Thatcher. Leur premier album est un mix de voix angoissées, de féroces lignes de basse (qui sonne une guitare) et de lourds sons de batterie, qui allie détails complexes et grondements rythmiques.
Pas vraiment une révolution  mais du sang neuf au rayon gros son.
 

MANU GALURE : Que de la pluie
Fidèle à lui-même sur le fond, les textes sont toujours ciselés, la folie et l'énergie du chant sont palpables, la voix est chaude et alerte, l'univers loufoque et émouvant alors que les mélodies sont virtuoses mais évidentes, le musicien a changé sur la forme. Après être passé du piano-voix cabaret (Le meilleur des 20 ans) à l'attirail percussif acoustique déglingué jonglant entre Kurt Weill et Tom Waits (Vacarme), il réussit le tour de force de conserver un côté incontestablement chanson en y mêlant des sonorités résolument électro. Une alchimie qui prend corps grâce à la complicité de Camille Ballon qui réalise l'album, après ceux de Java, R. Wan, Papillon Paravel.
 

DIMONE : Bien hommé mal femmé
Régional de l’étape, l’héraultais Dimoné aime se jouer des mots. Son univers voisin de son compatriote et regretté Général Alcazar renvoie à  celui de Bashung autre disparu. Les textes sont parfois abscons, mais le mariage des mots souvent réussi et l’interprétation et les mélodies attirent l’attention et nous font rentrer dans cet univers. Dimoné se souvient sur certains titres de son passé rock et il fait alors sonner les guitares. 
 

AZIZ SAHMAOUI : Mazal
Dans ce voyage où les refrains entêtants cohabitent avec un groove divinement chaloupé, le chanteur poète marocain atteint un superbe équilibre entre rock maghrébin, jazz et musique gnawa. Armé de sa voix envoûtante, le co-fondateur de l'Orchestre National de Barbès et ancien compagnon de Joe Zawinul s'affirme comme un auteur-compositeur-interprète les plus en vue des fusions d'aujourd'hui ainsi que le prouve d'ailleurs sa notoriété qui va désormais jusqu'aux confins de l'Europe, du Moyen-Orient et des Etats-Unis.
 


DANS LE RETRO :
Il est bon parfois de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir ou redécouvrir des disques oubliés mais qui ont fait date.

 


ROBERT JOHNSON :  The Complete recordings
Robert  Johnson est une légende du blues comme celle qui raconte qu’il aurait vendu son âme au diable une nuit à un carrefour au Mississippi pour devenir un virtuose de la guitare. Toujours est-il  qu’il est considéré comme un des meilleurs guitaristes au monde et qu’il a inspiré nombre de ses confrères de Clapton à Keith Richards en passant par Johnny Winter.
En deux sessions d’enregistrement en 1936 et 1937 il laisse 29 morceaux en héritage qui deviennent des standards du blues et seront repris de multiples fois depuis.
Il meurt à l’âge de 27 ans (en 1938), empoisonné ou de maladie,  et inaugure ainsi le « club des 27 » où le rejoindrons Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin, Kurt Kobain et Amy Winehouse morts eux aussi à l’âge de 27 ans.
A lire en écoutant ce disque, la superbe BD  de Mezzo et Jean-Michel Dupont « Love in vain : Robert Johnson 1911-1938 » évocation de la vie Robert Leroy Johnson.

 

 

BONNIE RAITT : Give it up
Paru en 1972 cet album, mélange de blues, de country et de folk rock se laisse toujours écouter avec beaucoup de plaisir. Peu connue en France Bonnie Raitt chanteuse et guitariste rencontre avec ce disque le succès aux Etats-Unis, succès qui perdure au fil des années, son dernier opus étant sorti en 2012. Mais Give it up est sans doute un de ses meilleurs et il est d’ailleurs consacré par le magazine Rolling Stones comme un des 50 plus grands disques dans la catégories Women who rock.   
 

 

LED ZEPPELIN
Plus de trente ans après la dissolution du groupe à la mort du batteur John Boham, le souvenir de Led Zeppelin est toujours vivace. Jimmy Page fondateur de cette formation et gardien du temple est à l’origine de la réédition des six premiers albums. Du premier paru en 1969 jusqu’à  Physical graffiti sorti en 1975 on peut découvrir l’évolution de ces musiciens précurseurs du hard rock, du heavy métal et du folk rock qui vont influencer et poser les bases de ces genres musicaux.
Les CDs sont agrémentés de démos, de versions alternatives ou de live inédits.