RENCONTRE AVEC L'ÉCRIVAIN EMMANUEL RUBEN / RENDEZ-VOUS LITTÉRAIRE

Date de l'évènement: 
Saturday 22 November 2014
A 17h, à la Maison du Banquet & des générations, abbaye de Lagrasse.

Dans le cadre des Rendez-vous de la librairie, la Maison du Banquet & des générations accueille l’écrivain Emmanuel Ruben, à l’occasion de la parution de son roman La Ligne des glaces (Rivages, 2014)

Emmanuel Ruben, par lui-même : « 16 novembre 1980. Naissance à Lyon. Collège et lycée à la campagne. Désir très vif d’écrire : bandes dessinées, romans policiers, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre. 1998-2001. Lyon. Hypokhâgne et khâgne. Reçu au concours de l’Ecole Normale Supérieure Lettres & Sciences Humaines. Correspondance avec Julien Gracq. 2001-2004. Lyon. Premier roman refusé. Séjours en Italie, à l’Ecole normale supérieure de Pise. Voyages en Toscane, en Ombrie, dans les Marches. Mémoire de maîtrise sur L’Arrière-pays d’Yves Bonnefoy. Reçu au concours de l’agrégation de géographie. 2004-2006. Voyages, désapprentissages, errances. Lecteur de français à Washington University (Saint-Louis, Missouri). Séjour d’un mois en Amérique du Sud (Pérou, Equateur). Recherches à Istanbul, à l’Institut français d’études anatoliennes. Volontaire international à Riga, Lettonie. Activités de coopération culturelle. Lecteur au lycée français et à l’université. Stage en chancellerie. Vif intérêt pour cette région méconnue de l’Europe et pour la langue russe. 2006-2010. Retour en France. Etudes à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (master 2 de géographie humaine) et à l’Institut des langues et civilisations orientales (licence de russe). Nombreux séjours de recherche dans les pays baltes, en Ukraine. Commence une thèse de géographie humaine sur les mutations des symboliques urbaines à Riga et à Kiev depuis 1991 (« une géopolitique de la mémoire »). Allocataire-moniteur à l’INALCO. Enseigne la géographie post-soviétique.

Depuis 2010. Abandon de la thèse et de la vie de chercheur pour consacrer mon temps libre à l’écriture et au dessin. Professeur d’histoire-géographie dans un lycée du Val d’Oise. »

 Bibliographie :

– Halte à Yalta, Jbz&Cie, août 2010, roman
– Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu, éditions du Sonneur, mai 2013, roman. 
– La Ligne des glaces, Editions Rivages, avril 2014, roman.
– Icecolor, Peintures et dessins de Per Kirkeby, Éditions Réalgar, juin 2014

Présentation de l’éditeur :

Un jeune diplomate en herbe, Samuel Vidouble, est envoyé dans un mystérieux pays de la Baltique orientale, dont il ignore tout. Dès son arrivée à l’ambassade de France, on lui confie la tâche de le cartographier en vue de proposer une délimitation de ses frontières maritimes. Au fil des voyages, des trouvailles, des rencontres et des déconvenues – guidé par Lothar Kalters, un ami linguiste, et par Néva, une jeune fille ensorcelante –, il comprend que cette mission est impossible et s’en désintéresse peu à peu, gagné par une mélancolie que ne fait qu’aviver l’hiver. 

Cette exploration romanesque, aussi audacieuse que singulière, des confins de l’Europe nous offre dans un style très imagé une satire troublante de la diplomatie, avec son lot d’intrigues géopolitiques, ainsi que de très beaux tableaux sur les ruines et les tragédies de l’Histoire. À travers les discussions entre les personnages surgissent de belles pages qui nous donnent à voir le véritable objet de ce récit personnel et ambitieux : une interrogation sur les lisières mouvantes du réel et de l’imaginaire.

Extrait de La ligne des glaces (1re page) :

« Embarqué ce matin dans le port de N. à bord du S/S Nordost à destination de V. Vers huit heures, le paquebot qui vient de se faufiler entre les dernières îles de l’archipel intérieur aborde le large, le brouillard se dissipe, les passagers affluent sur le pont, il fait frais, le ciel est d’un bleu pâle mais chacun souhaite admirer le panorama des îles s’éparpillant dans notre sillage – on laisse bientôt à bâbord un îlot semblable par ses couleurs à tous les autres, vert-noir des conifères, vert-jaune de quelques feuillus, rouge sang d’un petit cottage en bois qui jette sur les grosses baleines de gneiss son ponton de poupée, et comme cette terre de rien du tout derrière son grand phare blanc paraît la dernière avant la haute mer, je demande son nom – Sandhamn, me répond un inconnu et, traduisant aussitôt en anglais, the sand haven. Peu pressé de quitter le pont malgré le froid, je garde un instant les yeux rivés sur l’horizon désormais vide. Encore au moins dix heures avant V. Et voici que surgit soudain des lointains brumeux une silhouette qui flotte sur l’eau noire – pétrolier ? ferry ? paquebot ? chalutier ? mais, non, quelque chose me dit que cette silhouette n’est pas celle d’un navire, et la silhouette se fait plus précise, insistante, pas moyen d’en détacher les yeux, on croirait une île montagneuse à la dérive qui avancerait vers nous – j’ai consulté plusieurs fois la carte et je sais qu’il n’y aura sur notre chemin pas la moindre île, aucun rocher, une fois passé l’archipel. La rive opposée, déjà ? »

 

Entrée libre et gratuite

Renseignements auprès de la Maison du Banquet & des générations

04 68 32 63 89

lamaisondubanquet@orange.fr

www.lamaisondubanquet.fr