JOURNÉE "ÉCRIRE LA GUERRE" / RENCONTRES ET LECTURE-SPECTACLE

Date de l'évènement: 
Saturday 01 November 2014
De 15h à 22h à l'abbaye de Lagrasse, partie publique. Organisé par la Maison du Banquet & des générations.

Depuis au moins L’Iliade et la guerre de Troie, la littérature, l’art et la guerre ont partie liée. Les écrivains, les peintres n’ont cessé de décrire les ruses et les fureurs de la guerre, dénonçant ses atrocités comme son absurdité, ou exaltant au contraire ses vertus rédemptrices.

Ainsi, récemment, l’œuvre littéraire du Prix Nobel Claude Simon (thème du Banquet du livre de l’automne 2013) est construite admirablement sur le matériau vécu des deux guerres mondiales, parce que – cela est – l’Histoire est le plus souvent une histoire des guerres, que le temps humain est troué par la destruction des hommes. Au hasard des pages de L’Acacia, ces lignes : « […] la confuse rumeur de myriades d’insectes s’abattant en d’obscures nuées, dévorant les campagnes ou, pensa le brigadier, se montant les uns sur les autres, pressés sur quelque charogne déjà puante : non pas la matrice mais (comme si celle-ci contenait à la fois son origine et sa fin) le cadavre noir de l’Histoire. Puis il pensa que c’était le contraire, que c’était l’Histoire qui était en train de les dévorer, d’engloutir tout vivants et pêle-mêle chevaux et cavaliers ».

Les écrivains d’aujourd’hui poursuivent cette gageure : tenter de dire l’indicible. Ainsi, Éric Vuillard et sa Bataille d’Occident, ou bien encore Congo. Également, Jean Hatzfeld écrit le mémorable récit La Stratégie des antilopes, inspiré par les massacres du Rwanda ou le romancier Didier Daeninckx qui s’associe au dessinateur Tardi pour dire La Der des ders…

Par ailleurs, les peintres ont de tout temps pris la guerre pour motif. Léonard de Vinci tente d’évoquer la bataille d’Anghiari sur une grande fresque murale. Ou, à l’opposé, David célèbre les guerres napoléoniennes.
Picasso traduit l’horreur du bombardement de Guernica… Aujourd’hui encore, Ronan Barrot peint avec frénésie, la douleur, la guerre, la mort : avec lui c’est « crimes et châtiments » dans l’exubérance des pigments et de la matière.

Cette journée « Écrire la guerre » tente d’approcher l’énigme de cette proximité entre la destruction (la guerre) et la création (l’art, la littérature).

Calendrier :

10 h : Ouverture de la librairie et du bistrot du Banquet.
11 h : Présentation des peintures de Ronan Barrot
14 h 30 : Rencontre avec Michel Cécé : « Témoignages croisés de 1914-1918 »
15 h 30 : Rencontre avec Éric Vuillard : « Écrire la guerre dans le récit littéraire »
17 h : Conversation entre Ronan Barrot et Éric Vuillard : «  Écrire, peindre, la guerre »
18 h 30 : Rencontre avec Alain Lercher : « Les Fantômes d’Oradour »
19 h 30 : menu tapas, par Thibault Olivier (17 €)
21 h : Lecture de La Bataille d’Occident, d’Éric Vuillard, et autres textes, par Jacques Bonnaffé
 

Les invités :

Ronan Barrot expose régulièrement en France et à l’étranger, dans des galeries et des musées. Ainsi : galerie Trafic (Ivry), musée national Marc Chagall (Nice), galerie Claude Bernard (Paris), Espace Fernet-Branca (Saint-Louis), musée Gustave Courbet (Ornans), la FIAC (Grand Palais, Paris)… Admiratif de Cézanne et Rembrandt, Ronan Barrot est souvent comparé à Géricault, Delacroix et surtout Courbet pour la puissance de ses toiles. Plusieurs catalogues ont été publiés sur son œuvre, récemment : Pendant la répétition, Galerie Claude Bernard, 2014, texte d’Éric Vuillard.
Éric Vuillard est écrivain et cinéaste. Ses derniers récits sont parus chez Actes Sud : La Bataille d’Occident et Congo (2012), Tristesse de la terre (2014). Au fil du temps historique, la succession des scènes de destruction massive, d’horreurs aux limites de l’indicible, laisse sans réponse satisfaisante les questions qu’elle soulève. Ceux qui s’obstinent à les poser sont confrontés au « trou noir de la conscience, à la terre humide de nos malheurs et à la pierre nue de nos vérités ». Cette conclusion implacable s’impose à la lucidité d’Éric Vuillard (Le Magazine littéraire).
Alain Lercher est l’auteur de récits et nouvelles, dont Les Fantômes d’Oradour (rééd. Verdier-poche, 2008).  Le 10 juin 1944, par mesure de représailles, les Allemands massacrèrent les habitants d’Oradour-sur-Glane avant d’incendier le village. Aujourd’hui encore ses ruines étranges demeurent. L’approche de cet événement, qui touche de près l’auteur de ce livre puisque deux membres de sa famille y ont péri, se fait selon trois modes : la relation historique des faits, sa vision subjective qui nourrit une réflexion sur les enjeux de la mémoire et la réponse qu’on peut opposer à la violence et à la barbarie.
Michel Cécé vit à Nîmes. Il est poète et écrivain. Il a mis en scène une lecture de ses poèmes au Festival d’Avignon. Il vient de publier Carnets de guerre (1914-1918) Témoignages croisés d’Alfred Bénézech à Genevois, Giono, Cendrars (Lucie éditions, 2014).
Jacques Bonnaffé est comédien. Ses principaux rôles ont été tenus dans les films de Jean-Luc Godard (Prénom Carmen), Jean-Charles Tacchella (Escalier C), Jacques Rivette (Va savoir, 36 vues du Pic Saint-Loup), Michel Deville (Un fil à la patte),Alain Corneau, etc., tous porteurs d’un cinéma exigeant. Il mène également une carrière de théâtre avec de nombreux metteurs en scène : Denis Podalydès, Jean-Pierre Vincent, Alain Françon, Didier Bezace,… Il se consacre aussi à la poésie et aux lectures publiques : d’Arthur Rimbaud à Jean-Pierre Verheggen. En 2014, il a mis en scène 36 nulles de salon de Daniel Cabanis, au Théâtre du Rond-Point.

 

Les animations se tiennent à l'abbaye de Lagrasse (partie publique).

3 €  pour la journée

Renseignements auprès de la Maison du Banquet & des générations

04 68 32 63 89

lamaisondubanquet@orange.fr

www.lamaisondubanquet.fr