Suite de la tournée américaine de Marie Petiet

Le tableau Jeunes filles à l’église de Marie Petiet s’est envolé début octobre pour les Etats-Unis après la restauration de son cadre.


Marie Petiet – Jeunes filles à l’église (© Philippe Benoist – Images Bleu sud)

Une femme artiste


Il y a quelques mois, nous vous avions parlé de la future participation d’un tableau de Marie Petiet à une exposition américaine consacrée aux femmes artistes qui se sont formées et ont exercé leur art à Paris entre 1850 et 1900.


Marie Petiet, après une formation initiale donnée par son père Léopold, peintre amateur, a fréquenté l’atelier parisien du peintre Jean-Jacques Henner où elle s’est perfectionnée. Elle a effectué de fréquents séjours à Paris et à ce titre, s’inscrit pleinement dans le thème de l’exposition.


L’exposition s’intitule  “Her Paris, women artists in the age of impressionism”. Elle sera successivement présentée à Denver (Colorado), à Louisville (Kentucky), puis à Williamstown (Massachussetts). Pour en savoir plus sur la première étape de l’exposition, rendez-vous sur le site du Denver art museum.

La restauration du cadre

Jeunes filles à l’église avec son cadre (© Sophie Nicolas)


Le cadre en bois doré qui accompagne le tableau est probablement le cadre d’origine de l’œuvre. On parle de « bois doré », mais tous les éléments constitutifs ne sont pas en bois. Les ornements, la frise extérieure de feuilles d’olivier ou les motifs de feuilles d’acanthes présents dans les angles, sont faits de pâte anglaise. Il s’agit d’une sorte de plâtre composé de craie et de colle de peau avec lequel sont moulés les éléments décoratifs avant d’être fixés, encore souples, au cadre de bois. Ce procédé de moulage, utilisé à partir du XIX° siècle, est plus rapide et moins coûteux que de sculpter les mêmes éléments directement dans le bois.
Si la toile elle-même était en parfait état, le cadre présentait de nombreuses fragilités. Elles n’empêchaient pas de présenter le tableau au musée, car il n’y est soumis à aucun mouvement, mais rendait son transport sur une longue distance impossible.


Parmi les altérations constatées par la restauratrice, les deux principales étaient les fissures apparues au niveau des assemblages et dans la dorure en raison du travail du bois et la perte d’adhérence de la moulure extérieure, rendue mobile par endroits. Par ailleurs, le cadre était empoussiéré et la dorure un peu usée en partie basse.

Détail d’une moulure avant restauration

La restauration du cadre a été effectuée par Sophie Nicolas, restauratrice spécialisée dans les cadres dont l’atelier est installé à Gaillac (Tarn). Après un important nettoyage, elle a repris les assemblages et refixé les moulures, avant  de restaurer la dorure. Le cadre a donc été restauré, mais certains éléments, comme des petites traces sur les traverses, ont été laissés en l’état car ils témoignent de la vie de l’œuvre. L’objectif du travail de Madame Nicolas n’était pas de rendre au cadre son état d’origine, mais de le consolider et d’améliorer son aspect tout en respectant le vieillissement de cet objet plus que centenaire. Le résultat est extrêmement réussi.


Quelques images du travail en cours ci-dessous :

Après nettoyage, seule la dorure du nœud a pour le moment été reposée. Elle est laissé brillante, alors que celle des feuilles d’olivier sera mate.
La partie en bois est dorée à la feuille dont une rangée vient d’être posée. On distingue nettement les zones où les feuilles d’or se superposent. Cet aspect a été maintenu car il traduit les techniques utilisées au XIX° siècle pour l’ornementation du cadre.
Vue de l’atelier de Sophie Nicolas, avec les traverses d’un cadre démonté au premier plan.


Pour quelques images de la mise en caisse et du départ du tableau, rendez-vous sur le site Web Aude TV.

 

 Pour rejoindre le camion, la caisse contenant le tableau traverse la promenade du Tivoli sous l’œil attentif de la police municipale !

 

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