Sauver des collections

Les collections de l’âge du Fer sont peu à peu restaurées au musée des Corbières de Sigean depuis 1999.

Les objets de l’oppidum de Pech Maho, à Sigean, remontent à l’âge du Fer et représentent des documents d’un intérêt historique exceptionnel et d’une valeur esthétique remarquable. Les fouilles dont ils sont issus ont commencé dans les années 1930 et se sont poursuivies jusqu’aux années 1960.

Après la création d’une exposition réalisée par le premier archéologue du site, un « Musée de France », le musée des Corbières, vit le jour dans les années 1980, sous l’initiative  du responsable des recherches archéologiques. Depuis 1997, les collections font l’objet de campagnes de restauration et de mise en valeur, sous la direction de la conservatrice départementale de musées de l’Aude/Département de l’Aude.

Durant l’inventaire de 1997 à 1999, il apparut que les objets étaient en très mauvais état, la plupart n’ayant jamais reçu qu’un simple nettoyage après fouille et aucun contrôle n’ayant été effectué depuis leur mise en vitrine dans les années 1980-86.

Après constat d’état et établissement d’un cahier des charges par la conservatrice, les restaurations furent confiées à des laboratoires habilités à travailler pour les musées, conformément à la loi.

Ainsi en 1999,  en mesure d’urgence  quatre-vingt- six  objets en métal, essentiellement du bronze et du fer,  furent stabilisés.

 En 2000, quarante-quatre nouveaux  objets en métal furent  restaurés, ainsi que trois lamelles de plomb inscrites. Il fallut reprendre la stabilisation de quelques objets où la corrosion avait fait une réapparition, comme cela est fréquent, l’équilibre qui s’était instauré dans la vitrine ayant été perturbé par les déplacements de l’objet jusqu’au laboratoire de restauration et le traitement lui-même.

En 2001, dans la continuité de l'intervention de 1999, les quatre-vingt-six  objets en métal stabilisés furent restaurés, plus vingt-trois objets en fer, en bronze et autres matériaux.

Ces campagnes permirent de sauver toute la collection "métal" de l’oppidum de Pech Maho ainsi que soixante-trois autres objets provenant de diverses découvertes archéologiques faites dans les Corbières.

A partir de ce moment d’autres interventions moins urgentes se succèdent et portent sur d’autres collections, comme, en 2008, trente-neuf  documents graphiques qui furent nettoyés pour leur exposition dans une nouvelle salle dédiée à l’’ancienne frontière (France/Aragon).  

Les restaurations des objets en céramique commencèrent et se poursuivent. Il s’agit en majorité de premièrement « dérestaurer », c'est-à-dire d’éliminer les anciens remontages au plâtre, malhabiles et fragilisés par le temps, et deuxièmement de remonter de façon correcte les céramiques  afin de leur donner une meilleure lisibilité.

Avant restaurationAvant restaurationAprés restauration
Un rhyton en forme de sphinx assis, de l’atelier de Sotadés, potier vers 460- 450 avant J.-C., qui avait été remonté de façon maladroite dans le passé, bénéficia d’une restauration à l’occasion d’une exposition au musée Henri Prades à Lattes puis au musée d'archéologie de Catalogne à Barcelone en 2012. Cette même année quatre coupes en céramique à vernis noir, dont les anciens remontages au plâtre manifestaient des faiblesses, furent « dérestaurées » puis restaurées.

Umbos de bouclier avant restauration : le fer est extrêmement oxydé, un seul pourra être sauvé.

(Umbo de bouclier : partie centrale d’un bouclier, protégeant la main et déviant les traits)

Umbo de bouclier après restauration.

Cratère démonté. Détail des collages grossiers au plâtre visibles

Cratère. En cours de remontage

Cratère remonté. Les parties reconstituées permettent de saisir la forme du vase, tout en laissant apparaître ce qui est d’origine et ce qui est reconstitué.

 

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