Des photos au musée

Une campagne de prises du vue s’est déroulée en décembre dernier au musée Petiet de Limoux et à Eburomagus, le musée archéologique de Bram. En voici les coulisses.

Des photos nécessaires
Pour photographier les œuvres des musées, la Conservation départementale fait appel à des photographes professionnels. Cette année, Marc Mesplié a réalisé la campagne de Bram, Philippe Benoist celle de Limoux.

Il était important pour nous d’actualiser les images de notre base de données, certaines étant anciennes et peu exploitables. De plus, à Limoux, les œuvres acquises en 2016 et plusieurs grands formats n’avaient pas été photographiés. Quant aux pièces qui ont fait l’objet de restaurations ces dernières années, nous ne possédions que des reproductions antérieures aux interventions. Elles ne rendaient donc pas justice à la nouvelle beauté des œuvres.
Nous avons aussi  profité de la venue des photographes pour leur commander des vues d’ensemble des musées et un certain nombre de clichés plus artistiques sur lesquels les objets sont mis en valeur grâce aux ombres ou aux reflets.

Relief d’applique,Tête de Jupiter, Eburomagus, Marc Mesplié

Pour que les prises de vue se fassent dans de bonnes conditions, la mise en place d’un matériel relativement important est nécessaire. Les objets doivent en effet être éclairés de manière uniforme, ce qui est rarement le cas avec la lumière naturelle. Des lampes ont été ajoutées par les photographes, ainsi que des parapluies qui permettent de diffuser la lumière et d’éviter les reflets intempestifs à la surface des objets.

Matériel de Philippe Benoist pour la photographie du tableau Le général Lapasset brûlant ses drapeaux d’E. Dujardin-Beaumetz au musée PetietMatériel de Marc Mesplié pour la photographie d’une lampe à huile antique d’Eburomagus

Certaines œuvres limouxines de très grand format, dont la manipulation est complexe, n’avaient jamais été photographiées. Le soleil qui brillait lors de la venue du photographe a été l’occasion d’effectuer ces prises de vues car elles ne pouvaient être réalisées qu’en extérieur. L’aide de deux agents des services techniques de Limoux s’est avérée nécessaire pour la manipulation des toiles et leur maintien au moment de la prise de vue.  Les grandes dimentions de La Pêche interrompue d'Eugène Chigot (2,5 m de haut pour 4 m de large) par exemple compliquent fortement sa manupulation. Le tableau est maintenu à l'arrière par deux personnes, ici invisibles, afin qu'il ne repose pas directement contre le mur.

  Eugène Chigot, La Pêche interrompue installée dans la cour pour sa prise de vue


Pourquoi photographier les œuvres ?
Pour un musée, il est  nécessaire de disposer de photographies des objets conservés dans les réserves, mais aussi de ceux accrochés dans les salles visitées par le public. L’usage premier de ces reproductions est de faciliter la gestion des collections. Nous pouvons par exemple regarder exactement à quoi ressemble un objet archéologique ou vérifier la présence d’un détail sur un tableau sans avoir à les manipuler, opération qui multiplie toujours les risques d’accident. Par ailleurs, il est bien plus simple et plus rapide de travailler avec une base de données dans laquelle sont enregistrées toutes les informations concernant un objet, ce qui comprend évidemment sa reproduction.

Marie Petiet, Jeune fille aux oies, détail, Philippe Benoist IMAGES BLEU SUD

Les photographies fournissent de nombreux renseignements sur les collections, elles témoignent de la présence de l’objet et de son état de conservation à un instant donné. Associées aux observations faites par le personnel du musée, la comparaison de photographies prises à différentes dates permet de savoir si une œuvre s’est dégradée dans le temps et lorsque c’est le cas, comment le phénomène a évolué et à quelle vitesse. Si une restauration est envisagée, une photographie ancienne aide le restaurateur à décider des interventions à effectuer.

Amphores du musée Eburomagus, Marc Mesplié


De la même façon, photographier les œuvres et objets est un moyen de se prémunir contre le vol ou, à défaut, de pouvoir agir en cas de disparition d’un objet puisque l’on a alors une trace de ce à quoi il ressemble.
Enfin, disposer de reproductions des œuvres d’un musée participe à la diffusion des collections et contribue à les faire connaître au moyen de publications ou d’éditions ou encore en permettant la consultation en ligne.


Etienne Dujardin-Beaumetz, Le général Lapasset brûlant ses drapeaux,
Philippe Benoist IMAGES BLEU SUD

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