La peinture néo-impressionniste

"Synthétiser le paysage dans un aspect définitif qui en perpétue la sensation" Félix Fénéon.

Avec l’impressionnisme, les artistes se sont donné le droit d’inventer des moyens plastiques pour traduire ce qu’ils voyaient et ressentaient, ils ont ainsi ouvert des voies nouvelles à explorer. Les artistes de la période suivante expriment leur créativité artistique sous des formes très diverses et souvent très personnelles. On les regroupe sous le titre de néo-impressionnistes.

Le divisionnisme plus connu sous le nom de pointillisme, est un style basé sur les lois optiques découvertes par les physiciens Eugène Chevreul, Charles Blanc, Ogden Rood. La technique divisionniste consiste à juxtaposer sur la toile des touches de couleurs différentes afin que l’œil en opère lui même la synthèse, la résultante ainsi perçue étant une couleur plus vive et plus lumineuse que celle obtenue par un mélange identique sur la palette.

Georges Seurat pousse à l’extrême cette utilisation méthodique des théories scientifiques. Il s’oriente vers une expérimentation presque mécanique mise au service de l’expression picturale. En quelques années il construit une théorie et propose une application de ses idées  qui accorde les harmonies de formes et de couleurs avec les sentiments à exprimer. Signac son ami l’accompagne dans cette démarche dès les premiers temps.

La théorie attire tout de suite des adeptes qui s’y soumettent scrupuleusement, ces partisans sont suffisamment nombreux pour que l’on puisse parler d’une école néo-impressionniste où se côtoient Paul Signac, Camille Pissaro, Henri-Edmond Cross et Maximilien Luce. Henri Martin, Aman-Jean et Ernest Laurent, se rallient au mouvement tout en gardant leurs distances alors qu’ Achille Laugé reste en marge.

Au musée Petiet, quelques œuvres particulières peuvent être qualifiées de néo-impressionnistes.

 

* Henri Le Sidaner peint à l’infini son propre jardin de Gerberoy sous des éclairages allant de l’aube à la nuit, toute source de lumière étant utilisée, soleil , clair de lune, lumière artificielle. Son art se situe entre les derniers impressionnistes et Eugène Carrière. Ici, dans La table (1901) une lampe à pétrole qui baigne de son halo la table abandonnée par les convives, alors que la nuit envahit le jardin.

Henri le Sidaner, La table

*Jean Remond avec , Parc aux huîtres , pastel tout d’ambiance et d’impressions, mène les mêmes recherches sur la lumière dans la toile.

Jean Remond, Parc aux huitres

*Avec la Jeune fille au chien, Edmond Aman-Jean, portraitiste, compose un espace unifié par la couleur et la touche, dans lequel modèle, chien et environnement se fondent harmonieusement dans un esprit  poétique et décoratif.

Edouard Aman-Jean, Jeune fille au chien

 

*Par sa composition structurée en plans, la toile de Raoul Du Gardier, Sur la plage (1904), rappelle l’influence des estampes japonaises sur les peintres d’alors : une femme au premier plan se détache du paysage - le sable, la mer et le ciel – traités en aplat comme un seul second plan.

Raoul Du Gardier, Sur la plage

* Henri Lebasque rencontre Luce et Signac, en 1893, et à leur contact adopte durant quelques années le pointillisme. Cela,  ajouté à la découverte de la lumineuse Méditerranée,  transforme sa peinture. La lecture baigne dans un camaïeux de bleus et de blancs, les taches de soleil et d’ombre modèlent l’espace dans une atmosphère vibrante de lumière.

Henri Lebasque, La lecture

*Avec Georges d’Espagnat, Marthe et Josette illustre une autre voie du post-impressionnisme. Le cadrage photographique et le jeu des aplats déterminent la composition,  situent l’œuvre dans les courants issus de Cézanne.

Georges d Espagnat, Marthe et Josette

 

Achille Laugé, né à Arzens en 1861 a passé toute sa vie dans l’Aude. Il est soutenu par des amis audois, amateurs d’art éclairés, tels Albert Sarraut, homme politique, ministre de l’instruction publique et des Beaux-arts de 1914 à 1915, Maurice Sarraut, directeur de La Dépêche du Midi à Toulouse et Achille Astre collectionneur, propriétaire d’une galerie à Paris, critique d’art et secrétaire à la manufacture des Gobelins.

Il présente assez fréquemment ces œuvres dans des expositions personnelles ou de groupe à Paris, Toulouse et Perpignan.

Il s’éteint en 1944 à Cailhau, inconnu du grand public, mais apprécié des initiés.

Sensible aux recherches sur la lumière et la division de la touche, il développe un style très personnel et libre de tout dogme. Plusieurs œuvres de cette facture sont présentées au musée : Notre-Dame de Paris, Amandiers en fleurs, chemin de Cailhavel (1911), Allée de peupliers, où il joue des effets changeants de la lumière, du ciel, des heures du jour, des saisons et le Paysage au moulin de Gatimel est un dyptique composé de deux huiles sur toile, l'ensemble mesurant 54 cm sur 146 cm.

 

 

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