La peinture militaire

Au 19e siècle, les soldats sont issus du peuple, ce sont des citoyens. La peinture militaire va les montrer dans leur héroïsme et leur abnégation.

La peinture militaire devient un sujet à part entière à l’époque moderne classique en tant que représentation de l’Histoire.  Louis XIV l’utilise à des fins de propagande de la monarchie absolue. Mais la lassitude et le rejet que suscitent les guerres incessantes qu’il mène déteignent sur la peinture militaire qui est peu à peu reléguée à un genre mineur.

Avec la Révolution française et la nouvelle conception égalitaire de la société qui en découle, la peinture militaire n’est plus à la gloire du roi mais de tous les soldats. D’où un retour à des représentations de grandes batailles, d’assauts de cavalerie, où les soldats-citoyens remportent les victoires.

Sous le Second Empire, s’impose la représentation de la bataille impériale, où seul le souverain remporte la gloire de la victoire. La peinture militaire renoue alors avec celle de l’époque de Louis XIV.

Lucien Sergent, L’ordre de charger

 

Au 19e siècle, les soldats sont issus du peuple, ce sont des citoyens. La peinture militaire va les montrer dans leur héroïsme et leur abnégation. De plus, la guerre s’est modernisée : avec les armes à longue portée, les combats sont éparpillés et il n’est plus possible de représenter de grandes batailles. On montre donc des épisodes isolés. L’imagerie se partage entre grands panoramas paysagés de lieux d’affrontement et scènes de genre détaillant les uniformes et les types de soldats.

Vers le milieu du 19e siècle la peinture de genre gagnant en importance, les scènes de vie militaire sont peu à peu admises dans les milieux officiels artistiques. Ainsi, au Salon de 1866 Edouard Manet présente Le fifre, un enfant de troupe de la garde impériale, sans doute premier portrait français d’un soldat anonyme. Par ailleurs, le courant réaliste, qui se répand dans l’art, ne peut que susciter une approche de la vie militaire telle qu’elle existe sans l’idéaliser.

Durant la guerre de 1870 de nombreux peintres deviennent soldats, ce qui va profondément changer leur regard sur la guerre. Edouard Detaille et Alphonse de Neuville en sont les plus talentueux représentants. Ils rendent les personnages et les paysages avec beaucoup de méticulosité, dans un rendu très fini, proche de la photographie et dans un grand souci de vérité historique.

Ces peintres militaires se servent parfois de leurs propres souvenirs de batailles, parfois ils procèdent à des reconstitutions : ils vont sur les lieux, y prennent des croquis, font parler les gens et poser d’anciens soldats.

 

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