Les matériaux de construction

La gamme des matériaux de construction est étendue car on en faisait un grand usage dans le bâtiment sur le site même.

Les pots de voûte

Provenance : four n° 4, ils constituaient la voûte du laboratoire qui s ‘était effondrée sur la sole.

Datation : début du Ier siècle de notre ère.

Leur forme d’urne sans anse, spécialement conçue pour la construction de la voûte du four, permet de les emboiter. Le fond plat conserve toujours la trace de la coupure du fil. L’exécution rapide se lit dans l’absence de finitions comme l’ébarbage et le tournassage.

Les parois et lèvres sont enduites de torchis qui joue le rôle de mortier et permet le jointement des pots entre eux, ainsi qu’une souplesse de mise en place.

Il reste également des traces d’une épaisse couche de torchis à l’extérieur comme à l’intérieur qui recouvrait l’ensemble des arcs constitués.

La technique de construction de cette voûte est rare et rappelle celle des tubuli de tradition ancienne, qui se manifeste déjà au IIIe siècle avant. J.-C. en Sicile, pour couvrir en particulier des fours de potiers. La technique de couverture des laboratoires avec voûte de vases s’est conservée intacte jusqu’au  XXe siècle, dans le Sud de l’Italie notamment.

Présentation d'un segment d'arc de pots de voûte


Les tegulae

Elles proviennent de tous les bâtiments artisanaux, de l’état I à l’état V.

De formes rectangulaires, conçues pour être emboitées, elles sont caractérisées par leurs encoches latérales supérieures à l’avant, inférieures à l’arrière. Deux tracés au pouce le long des bords latéraux assurent, au moment du moulage, le calage de l’objet dans le cadre en bois et l’ajustement des rebords, lissés dans le même geste, par le passage de la paume de la main.

Le module proposé utilise, pour les dimensions principales, le pied romain :

- longueur moyenne : 57,4 cm +/- 2, soit 2 pieds (59,4 cm), ou 8 palmes

- largeur moyenne : 43,6 cm +/- 2, soit 1,5 pied (44,5 cm), ou 6 palmes.

Avec ces dimensions elles sont parmi les plus grandes en Gaule.

Les marques digitées apparaissent fréquemment, ce  sont des sortes de marque de tâcherons, comme sur les amphores. Elles sont placées systématiquement sur la partie supérieure de la tuile, à l’avant, au-dessus des encoches inférieures qui vont recouvrir la tuile suivante. La marque reste ainsi visible.

Seize marques différentes ont été identifiées ; signes anecdotiques ou lettres, elles se répartissent en 6 familles :

  • le demi-cercle, comportant 1, 2, 3 ou 4 tracés (marque la plus fréquente) ;
  • une sorte d’alpha à 1, 2, 3 ou 4 tracés ;
  • un signe V à deux ou trois tracés ;

quelques « fleurs de lys » avec ou sans dard et double tracé ; la spirale tracée de droite à gauche ou de gauche à droite ; et le tracé sinueux à deux ou trois lignes.


Les estampilles sur tegulae

Une infime partie des tuiles est estampillée, c’est même l’exception, alors qu’elles sont assez abondantes dans la cité de Narbonne.

Sur le nombre très important de tuiles (plusieurs tonnes) on ne compte que huit estampilles qui correspondent à des marques différentes :

  • la marque TPPF représentée par cinq exemplaires dont un raté de cuisson est assurément locale.
  • la marque LFS représentée par un seul exemplaire (elle est aussi connue dans l’officine voisine d’Empare-le-Haut à Saint-Marcel).

Par comparaison avec d’autres estampilles de sites de la Narbonnaise on peut proposer de les dater du Ier siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.C.

Estampille LFS sur une imbrice

 

Les imbrices

Provenance : la quasi-totalité provient des bâtiments II et III et de la cour IV (notamment nombreuses dans le comblement de la salle de chauffe du four 6 et, sur la sole du four 4).

Datation : Iers siècles, jusqu’à l’époque de Néron.

Leur forme plus large et plus haute à l’avant (vers le bord du toit) qu’à l’arrière (vers le faîte du toit) permet, en les emboîtant, de ménager une couverture étanche. Leur poids moyen est de 3 kg.

 

Les briques biseautées

Retrouvées pour la majorité en place dans les fours 3, 4 et 6.

Elles étaient destinées à la construction des arcs qui soutiennent la sole des fours.

 

Les canalisations

Il existe des canalisations tubulaires et des canalisations ouvertes (emboîtées et placées sur le sol à l’air libre).

Une canalisation

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