Maquette du monument aux morts de Limoux par Paul Dardé

Paul Dardé dénonce tragiquement l’horreur de la guerre.

La période 1870 à 1914 est un moment essentiel de l’histoire de l’armée française et un âge d’or pour la peinture militaire.
Le musée Petiet de Limoux consacre une salle à la peinture militaire où sont évoquées les guerres napoléoniennes (Charles Fouqueray, Lucien Sergent), celles de 1870 (Etienne Dujardin-Beaumetz) et de 14/18 (Paul Dardé).
L'oeuvre présentée ci-dessous, ainsi que l'oeuvre d'Etienne Dujardin-Beaumetz (
cf. article "La brigade Lapasset brûlant ses drapeaux"), révèlent deux approches contraires de la guerre. Celle d’Etienne Dujardin-Beaumetz qui exalte l’héroïsme des soldats, pousse au patriotisme et celle de Paul Dardé qui dénonce tragiquement l’horreur de la guerre.

Maquette du monument aux morts de Limoux par Paul Dardé

Plâtre et bois, dimension : hauteur totale 76,5 cm.

Date : 1922 à 1923

Musée Petiet de Limoux, n° inventaire : 924.046

 

Cette maquette est destinée à la réalisation du monument aux morts de Limoux. Posée sur un socle à degrés, un obélisque dressé  accueille un soldat en uniforme, sans arme, mort, allongé dans une fosse qui épouse son corps qui de fait se trouve à la verticale. Dans la fosse sont dessinés au crayon des feuillages qui rappellent ceux du monument de Lodève. A ses pieds un aigle aux ailes déployées aux formes torturées, faisant penser à un monstre mi- araignée, mi- pieuvre, est renversé comme écrasé par le poilu. L’impression est assez morbide et désolante. Nulle gloire dans cette mort, mais de la dignité.

Sur le monument, devant le cimetière de Limoux, la fosse a disparu et le soldat repose directement sur l’obélisque, ses mains visibles, alors qu’elles ne l’étaient pas sur la maquette. Avec ces grandes proportions et la disparition de la fosse, la verticalité de ce gisant procure un effet étrange. A ses pieds, la sculpture de l’aigle présente des formes un peu plus simples que sur le plâtre.

Dans l’ensemble nous pouvons dire que le projet de départ a été « épuré » pour un résultat plus sobre et hiératique, jouant sur la simplification des volumes et leur massivité. Nous sommes loin du monument provocateur de Clermont l’Hérault. Paul Dardé fut profondément marqué par l’horreur de la guerre et, n’hésitant pas à afficher son antimilitarisme, il suscita souvent l’incompréhension.

 

En 1919, la ville de Limoux s’associa aux «  Sociétés des Mutilés et des Combattants »  au sein d’un « Comité d’Erection au monument aux morts pour la patrie » pour faire réaliser le monument aux « Enfants de Limoux morts pour la France pendant le cours de la grande guerre ».

Les conseils municipaux des années 1919 à 1924 traitent des travaux pour l’érection du monument et du choix de son emplacement. Voulant conférer toute la solennité possible à cette œuvre, le conseil municipal décida de l’installer dans le jardin du cimetière « de façon à faire pendant au monument du christ ».

 

Paul Dardé séjourna plusieurs fois à Limoux, en 1924 , pour sculpter son œuvre.

Expositions

2001 : 2000 ans d’Audois, Archives départementales de l’Aude.

Sources

Archives de la commune de Limoux, Conseils municipaux des : 17 mai 1919 ; 31 mai 1919 ; janvier 1920 ; 1922 ; 1923 ; 30 mai 1924

Rubrique: