Expérimentations et village des potiers

Dans un but scientifique autant que pédagogique, l’archéologie expérimentale a pris une place fondamentale à Amphoralis.

L’archéologie expérimentale

Les reconstitutions de bâtiments antiques sont en elles-mêmes des expérimentations archéologiques permettant une approche scientifique, car basée sur les données archéologiques et techniques, sur les matériaux et les modes de construction. Elles ont été suivies d’expérimentations sur la fabrication des poteries, de tuiles et de briques (tournage et moulage) ainsi que sur la cuisson. Elles ont abouti à un recueil de données important pour la recherche, les visites permanentes et les animations.

Un cycle de rencontres autour de la construction du four 4 avait été initié : « De l’argile à l’étal du potier ». Les visiteurs pouvaient ainsi assister à la construction des murs mixtes de bois et de terre, au chargement et à l’allumage des fours puis au défournement de la production. Ce cycle a donné lieu à une première publication sur la construction du four 4 (Françoise Sarret et Michel Perron d’Arc, De l’argile à l’étal du potier, construction d’un four gallo-romain, Musée Amphoralis, 1999).

Sortie des poteries du four après cuisson


Le four 4

Le four 4 est un des premiers fours utilisés par les potiers, construit en terre crue et couvert d’une voûte de pots. Son état exceptionnel de conservation a permis de le choisir comme modèle.

A partir de 1996, une première recherche expérimentale portant sur la structure et le mode de construction de ce four mais également sur le matériau céramique lui-même (moulage, tournage) a pu être menée.

Construit en 1997, il est la base des expérimentations réalisées sur le site. Ce petit four pour les potiers gallo-romains est l’un des plus grands (7m3) utilisé par les expérimentateurs. Il a été mis en service à 12 reprises et compte à ce jour plusieurs milliers d’objets cuits : 2 500  céramiques communes, 1 441 tegulae, 1 329 imbrices, 1 400 briques, 1 000 lampes à huile et 67 amphores. Ces objets sont produits « à la gallo-romaine » et permettent, par le travail en série, de mieux appréhender les techniques de l’époque : préparation de la pâte, tournage ou moulage, séchage et bien sûr enfournement.

Plusieurs centaines de briques ont été fabriquées afin de disposer d’échantillons pour la recherche sur la datation par archéomagnétisme des terres cuites archéologiques.

Les expérimentations sont présentées dans deux films et une publication sur la construction du four.


Le four 4 retrouvé sur la fouille a été reconstitué dans le village des potiers. Réalisé entièrement en terre crue, sa voûte se compose d’une série d’arcs réalisés en pots emboités les uns dans les autres.


L’abri du four 4

Construit en respectant le plan de l’original, ce bâtiment se compose d’une charpente autoportée sur 8 poteaux. La base des murs est un assemblage de galets liés à la terre sur 60 cm de haut. Les élévations n’étant pas connues, la décision a été prise d’utiliser une technique différente pour chaque mur : briques crues (adobes) pour l’ouest, banché pour le nord et mixte ou à clayonnage pour l’est.

Sa construction débute en 2000 et se poursuit jusqu’en 2004 lors de stages ouverts au public.


L’habitat des potiers

L’habitat fouillé à ce jour, est constitué de deux bâtiments parallèles de 8 m de large chacun et long de 34 m avec une cour centrale de 13 m de large. Des pierres côté cour évoquent un auvent pour chaque bâtiment. Nous savons depuis peu que la longueur serait de plus de 40 m.

L’habitat construit dans le village des potiers a été réduit en longueur (23 m) tout en conservant les autres dimensions : largeur, hauteur des murs, emplacement des bases de l’auvent, …

Le prolongement de la structure d'habitat par un tracé au sol permettra d’en mesurer l’étendue.

Le chantier qui a débuté en 2004 par deux saisons de stages avec l’association Concordia sur la construction de la base des murs de galets liés à la terre s’est poursuivi jusqu’en 2009 avec la fabrication et la pose de la charpente puis du chaume. Pendant ce temps d’autres stagiaires remplissaient les murs sud et ouest d’un clayonnage recouvert de torchis et les murs est et nord d’une technique mixte de briques cuites, crues et galets.

Aujourd’hui, le bâtiment sud est « fini » : le visiteur appréhende les dimensions importantes de cette structure et peut imaginer la vie des potiers grâce à la reconstitution d’une « cellule familiale ».


Le jardin

Les potiers ont, pendant trois siècles, prélevé du bois dans deux zones bien distinctes : dans un premier temps, au Sud en bord de rivière puis au Nord, dans la garrigue.

Une étude menée par le CNRS qui apporte une vision unique de l’environnement des potiers, est à l’origine du projet d’arboretum dans lequel la forêt et son exploitation seront présentées.

Dans les années 2000, l’acquisition de nouvelles parcelles a permis d’agrandir le site, d’installer l’habitat et d’imaginer un complément indispensable à l’arboretum : un jardin dans lequel les plantes identifiées seraient installées. Le projet s’étoffe et l’idée de présenter les plantes connues à l’époque grâce à l’archéologie et aux textes antiques voit le jour. Les surfaces disponibles permettent d’envisager l’installation de ce jardin sur une surface d’un jugerum, terme très utilisé par les agronomes romains, et de le diviser en cinq parties : les plantes alimentaires, condimentaires, médicinales, artisanales et ornementales.

Le jardin compte aujourd’hui près de 160 espèces différentes pour un total d’environ 2400 plantes.

Le Jardin des Potiers présente plus de 160 espèces. Les plantes sont réparties en cinq catégories en fonction de leurs usages : alimentaires, médicinales, ornementales, condimentaires, artisanales.

Rubrique: