Etienne Beaumetz, peintre militaire

"J'appelle beau tout ce qui vu ou entendu produit sur l'homme une impression élevée en même temps que profonde" - Etienne Dujardin-Beaumetz dans ses Entretiens avec Rodin.

En 1873 Etienne Dujardin-Beaumetz  entre à l’école des Beaux-arts de Paris où il reçoit un enseignement académique.

La guerre de 1870 suscite des vocations de peintres militaires. Un certain nombre d’artistes sont bouleversés par ce conflit et ont envie de témoigner, d’autant que la défaite exacerbe leur passion. Il en est ainsi pour le jeune Etienne qui s'engage à 18 ans volontairement contre la Prusse, participant aux combats autour de Paris. Il expose, de 1875 à 1888 sous la signature de Beaumetz,  aux Salons officiels organisés par la Société des artistes français où il obtient un vif succès.

Etienne Dujardin-Beaumetz, A la baïonnette, 1882

Etienne Beaumetz peint ses œuvres "militaires" à partir de 1875, alors que la guerre est terminée et la France vaincue, se donnant pour mission de relater des épisodes poignants, montrant l'héroïsme du citoyen soldat qui accomplit son devoir. C'est pourquoi il s'attache essentiellement à relater des épisodes de batailles et ne s'attarde pas, comme d'autres, à la description de la vie militaire.

Sa représentation de la guerre est à la fois réaliste et dramatique. Réaliste dans l’observation des uniformes et des attitudes des soldats, la description des maisons et des  paysages environnants. Dramatique par la composition de ses scènes où lignes et masses semblent écraser les personnages, et par le choix de couleurs assourdies.

Au de-là du style et de la recherche esthétique, l’intention moralisatrice du peintre est nette. Il s’agit pour lui d’exalter le sentiment patriotique, le sens du devoir et de glorifier l’héroïsme des combattants.

La brigade Lapasset brûlant ses drapeaux,1882

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