Du vin dans des amphores au fil des musées audois

Durant l'Age du Fer le commerce méditerranéen se développe, d’abord avec les Grecs, les Etrusques et les Puniques qui apportent leurs produits, en particulier le vin, sur les rivages du Narbonnais dans la seconde moitié du 7e siècle avant J.-C.

    Ce commerce s’intensifie considérablement au  6e siècle avant J.-C., la cité de Marseille domine l’économie jusqu’au 1er siècle avant J.-C. et assure une grande part du trafic du vin. Le vin occupe une place majeure dans ces échanges, ce qu'illustre le grand nombre d'amphores vinaires et de vases à boire découverts dans les sites côtiers comme en particulier à Pech Maho (Sigean). 

Amphore étrusque de l’oppidum de Pech Maho
6e siècle avant J.-C. (Musée des Corbières à Sigean) - dépôt de l’Etat.

 

    Cependant la concurrence italienne se fait de plus en plus sentir au détriment de la cité phocéenne. En Narbonnaise, Ampurias semble dominer le trafic commercial, revendant des marchandises italiennes, amphores vinaires gréco-italiques, céramiques à vernis noir. Les commerçants ampuritains sont éclipsés par les marchands romains au début du 2e siècle avant J.-C., dès que Rome devient maîtresse de l'Espagne.

Amphore gréco-italique de Pech Maho (Musée des Corbières de Sigean)

 

    La culture de la vigne se répand en Narbonnaise malgré la politique protectionniste de Rome. Ainsi, du milieu du 1er siècle  et jusqu’au 3e siècle, des ateliers de potiers se mettent à fabriquer des amphores dans un contexte de forte production de vin. Une quarantaine d’ateliers sont repérés et la cinquantaine de timbres connus sur des amphores dites Gauloises 4 indique qu’ils devaient approcher la centaine. Dans les ateliers du Sud qui devaient répondre à la forte demande, ces amphores ont connu un très large développement. En effet les marchands en avaient besoin pour acheminer le vin du Midi gaulois sur les marchés importants, à grande distance, sur l’axe du Rhône, en Méditerranée, ainsi qu’en direction du Rhin, de l’Angleterre, de l’Egypte et de l’Inde.

Amphores dites Gauloise 4 (Amphoralis, musée des potiers gallo-romains à Sallèles d’Aude)

 

 

    Le vicus Eburomagus se situe à la convergence de quatre territoires : Montagne Noire, Pyrénées, cités de Toulouse et de Narbonne. De cette place de carrefour il tire sa richesse en devenant un marché prospère, au centre d’un réseau de fermes et de hameaux agricoles. Des amphores méditerranéennes attestent du commerce des denrées et en particulier du vin.


 

Amphores vinaires des 2e et 1er siècles avant J.-C. provenant d’Italie, amphore vinaire de la Période d’Auguste
 provenant de Tarraconaise et de Bétique, et amphores à huile. (Eburomagus, musée archéologique de Bram)

 

Serpes de vigneron provenant de la Villa d’Al Rec, à Fendeille
fin du 4e début 5e siècle. (Eburomagus, musée archéologique de Bram)

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