Les collections antiques

Prospérité du vicus Eburomagus de l'époque augustéenne jusqu'au bas-empire.

Le vicus Eburomagus est un bourg rural situé sur une importante voie de passage est/ouest, la voie d’Aquitaine, que croisent les routes en direction nord/sud de la Montagne Noire vers l’Ariège. Il se trouvait sur le territoire de la civitas de Carcassonne.
Village étiré le long de la voie d’Aquitaine, dès le 2e siècle avant J.-C., il devient, aux 1er et 2e siècles après J.-C. une grosse bourgade et marché prospère.  Des monuments, embellissaient le vicus, en particulier un théâtre connu par un document épigraphique du 2e siècle, élevé sous le règne de Marc Aurèle qui appartenait peut-être à un sanctuaire dédié à Apollon comprenant aussi un temple et des thermes.

Les collections qui concernent  la production de céramique à l’époque augustéenne,  mettent en lumière un transfert de main d’œuvre étrangère et un apport de savoir-faire :

Terre de potiers, la région voit s’établir à l’époque romaine des ateliers parmi les premiers qui introduisent en Gaule les façons et les goûts italiens que l’on découvre à travers outils et productions.
Ainsi les ateliers de Bram sont parmi les plus anciens en Gaule où s’observe l’introduction de techniques italiques. Ils utilisent tous, pour la cuisson des plats et des assiettes, des séparateurs tripodes comme en Italie à la même époque, ce qui indique clairement l’origine des savoir-faire.

Séparateurs tripodes

Comme en Italie les potiers adoptent les vernis rouges mais ici ils ne sont pas vitrifiés. L’utilisation d’hématite broyée dans l’argile pour augmenter la teneur en oxyde de fer des argiles locales afin d’obtenir un vernis rouge est aussi une spécificité de Bram.
Pour cette production essentiellement de céramiques communes, presque toutes les formes sont issues du répertoire italien de la période tardo-républicaine et augustéenne ancienne.

Les timbres suivent leurs modèles italiques : d’abord carrés avec un symbole ou des lettres liées, puis rectangulaires avec un texte sur deux lignes, enfin très allongés avec un nom sur une ligne. Une vingtaine de noms sont repérés, ce sont des conomems dont un tiers grecs . Ce sont des noms d’esclaves parfois associés à leurs propriétaires. D’autres sont des noms d’ateliers. Ce mode d’organisation fondé sur le travail d’esclave est une marque italique, qu’on trouve notamment à Arezzo.

Cette production des ateliers de Bram qui marque un temps fort dans l’introduction des techniques italiques en Gaule ne dura que deux générations.

Un autre ensemble de collections concerne la vie du vicus, d’Auguste jusqu’au au Bas-Empire

Une inscription gravée sur une dalle de marbre, pour un théâtre  consacré au génie des Augustes et à Apollon, suggère la richesse et l’importance de l’agglomération d’Eburomagus.

Inscription gravée dans le marbre

Les relations du vicus avec le monde romain sont attestées par des céramiques d’Arezzo, de Montans et de la Graufesenque et par la variété des amphores arrivant de tout le monde méditerranéen – Tarraconaise, Bétique, Afrique du nord, Rhodes, Gaule.
Les objets de la vie quotidienne sont nombreux : matériaux de construction, outils, tabletterie, lampes à huile, monnaies, restes de repas , petit mobilier en métal.
Pour l’environnement du vicus, la collection comprend peu d’objets, mais l’intérêt du thème vient des prospections aériennes qui ont permis de repérer et classifier 377 établissements ruraux en Lauragais et une douzaine de villae, dont un grand nombre est présenté dans un audiovisuel.
La voie d’Aquitaine passant sous le musée , des fouilles préventives ont mis au jour une section de la voie qui est visible dans la salle d’accueil.

Les collections rassemblées sur le thème des fermes et villae  couvrent les périodes allant des IIe-Ier siècle avant J.-C.  jusqu’au 5e siècle après J.-C. Elles proviennent de sites du Lauragais et du Razès. Le matériel, réduit  pour les fermes de l’époque républicaine à quelques céramiques communes gauloises et une fibule de type gaulois en fer, est plus abondant pour les périodes suivantes. Bols coupes, vases de la Graufesenque, gourde et cruches et diverses formes de poterie culinaire commune, céramique  dite « africaine de cuisine ». L’outillage et la quincaillerie de la villa gallo-romaine d’Al Rec, à Fendeille, de la fin du 4e début du 5e  siècle après J.-C.  est assez varié avec en particulier deux serpes de vigneron, un marteau de maçon, des poinçons et un ciseau.

Serpes de vigneron de la villa d'Al Rec à Fendeille

Les collections relatives aux pratiques funéraires offrent un riche mobilier, tant par sa qualité que son intérêt documentaire.
Parmi les objets provenant du site de des Plas à Villelongue on peut noter des éléments d’assemblage et des clous de sommiers ainsi que de grands clous ayant servi à la construction du bûcher, des offrandes de fruits et de vin (bris d’amphores) sacrifiées sur le bûcher.
Les objets  de la tombe 2 du cimetière Est de la voie d’Aquitaine sont éloquents : des offrandes faites sur le bûcher au moment de l’incinération - un coffret dont il reste des éléments de chainette de suspension, lampe à huile, bols, aiguille - ont été retrouvées autour du corps d’une femme.
Une amphore africaine et une amphore de Bétique ont été réutilisées pour l’inhumation d’enfants.

Eléments de chainette de suspension

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