Un biface à Bram

Le musée de Bram s’est enrichi d’un nouvel objet archéologique : un biface, généreusement offert par une Lauragaise.
© Michel Passelac


Une généreuse donatrice


Madame Jeannine Cabirol a fait don à la ville de Bram d’un biface, outil préhistorique en pierre, afin qu’il soit conservé dans les collections d’Eburomagus.


Le biface a été trouvé par Madame Cabirol devant sa maison de La Cassaigne dans les années 1990. Sa provenance d’origine n’est cependant pas connue avec précision car la terre dans laquelle il se trouvait avait été rapportée sur son terrain à l’occasion de travaux. Une provenance lauragaise est cependant hautement probable.


A son arrivée au musée, l’objet a été étudié et authentifié par Michel Passelac, archéologue et responsable du Lab’archéo, ancien chargé de recherches au CNRS. Il a aussi réalisé le dessin de l’objet.


Dessin (© Michel Passelac)


Un biface, quésaco ?


Les bifaces sont des outils qui apparaissent au Paléolithique inférieur et plus particulièrement pendant la culture de l’Acheuléen qui débute il y a 1 500 000 ans et s’achève il y a environ 300 000 ans.
Au cours de cette longue période, le feu est découvert et peu à peu domestiqué par Homo Erectus, ce qui permet aux hommes d’investir des endroits plus froids, mais aussi de faire cuire et désinfecter leur nourriture. La chasse organisée se développe et la vie sociale se structure. A la fin de la période, on trouve ainsi un foyer dans chaque cabane.


Un outillage plus élaboré et plus performant, dont les bifaces sont le principal marqueur,  voit le jour à l’Acheuléen. Ils peuvent être taillés dans une grande variété de roches : du silex, des roches volcaniques comme l’obsidienne, ou encore du quartzite comme celui de La Cassaigne.


Comme son nom l’indique, le biface est taillé sur les deux faces opposées, ce qui permet d’obtenir des arêtes bien plus tranchantes que celles des outils précédents. Il est fabriqué par percussion : le bloc de pierre initial est frappé avec un percuteur dur, un galet par exemple, puis avec un percuteur tendre en bois. Ce dernier permet une taille plus fine et plus précise, qui prouve que les hommes de l’Acheuléen ont une meilleure maîtrise des techniques que leurs ancêtres.


La réalisation des bifaces marque une étape importante dans le développement du cerveau humain puisqu’elle traduit une capacité à l’abstraction. Avant de débuter la fabrication, il est en effet nécessaire de concevoir une image mentale de l’objet à réaliser. Cette image doit ensuite être confrontée au bloc de pierre dont on dispose et peu à peu reproduite dans la matière par la succession des percussions. Les étapes de fabrication nécessitent d’imaginer, de projeter, puis de réaliser.


S’il est accepté que les bifaces servaient à trancher, leurs fonctions précises ne sont pas connues avec certitude.

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