Vous connaissez Antoine ?

Marielle vous invite à découvrir l'univers merveilleux d'Antoine Guilloppé, et c'est plutôt passionnant, parole de Lady S ! Ouvrez grands les yeux !

Zut c’est encore mon tour ! Lady S, notre geek du service, me rappelle que c’est à moi de préparer une sélection. Je vais être honnête je suis déjà très en retard pour lui rendre ce travail !
Vite vite  vite une idée…Ah oui ça y est j’ai trouvé ! Vous le connaissez Antoine ? Je veux dire Antoine Guilloppé. C’est un auteur illustrateur jeunesse que j’aime particulièrement. Il est né en 1971 en Savoie. Après des études à l'école Emile Cohl de Lyon, il obtient  un diplôme de graphiste publicitaire, puis se dirige vers l'illustration.

J’aimerais vous inviter à découvrir son œuvre.

Extrait de Plein soleil (© Gautier Languereau, 2011 )

Tout d’abord vous parler de ses textes : des histoires simples racontées en quelques phrases. Une écriture poétique où l’émotion est très présente et qui est empreinte d’optimisme, d’humanité et de bienveillance. Des histoires où le contre-pied est souvent là. Des histoires qui nous emmènent en voyage à la découverte des autres et d’autres lieux.

Ensuite évoquer avec vous ses illustrations : d’abord une prédilection pour deux couleurs le noir et le blanc, l’ombre et la lumière. Une illustration graphique faite de traits fins, de figures et de décors simples. Enfin, dans ses images, l’utilisation des angles de prise de vues du cinéma (plongée ou contre plongée) met en scène les dessins dans une surprise et une tension constante. Les illustrations d’Antoine Guilloppé sont souvent une histoire à elles seules. Depuis quelques années, il nous  propose des ouvrages qui utilisent la technique de la découpe laser. Ses illustrations se transforment alors en dentelle.

Prêt pour le départ ? Attention embarquement immédiat !

Première station : un suspens à la Hitchcock…

Loup noir
Un album sans texte, en noir et blanc. Il fait nuit, il neige, un garçon rentre chez lui. Il doit traverser une forêt. A peine s’avance-t-il  dans la forêt que deux yeux menaçants le guettent. La peur, petit à petit, s’installe. Le garçon presse le pas, le loup noir se rapproche, la rencontre est inévitable. La tension monte, le garçon se met à courir… pour arriver sur un final inattendu.

 Un suspens digne du maître du genre  Alfred Hitchcock. (A partir de 4 ans)

Cliquez ici pour voir une sonorisation de l'album réalisée par une classe de CE1 d'une école française de Sidney.

Prédateurs
Comme Loup noir, Prédateurs est un ouvrage sans texte avec une illustration en noir et blanc. Nous sommes ici dans un jardin public, une petite souris doit traverser … Tapis dans l’ombre un chat épie… Perchée sur un immeuble, la chouette attend… La souris s’élance… Mais au fait qui est le prédateur ? (A partir de 4 ans)

 

Deuxième station : des histoires qui font du bien…

Quelle est ma couleur ? (texte d'Antoine Guillopé, illustré par Géraldine Alibeu)
Dans cet ouvrage Antoine Guilloppé signe le texte. Un jeune garçon, en regardant rêver son chien, s’interroge sur  sa place dans le monde : pour lui il est son maître, mais pour son maître (d’école), il est l’élève. Pour les élèves il est le copain arabe mais pour les Arabes il est le Français.
L’album construit comme un jeu de domino, décrit la difficulté d’être, d’appartenir, quand on vient d’ailleurs et décline tous les préjugés. Mais comme toujours chez Antoine Guilloppé, le texte se termine sur une note optimiste. (A partir de 5 ans)
Grand Corbeau  (texte d'Antoine Guilloppé, illustré par Béatrice Fontanel)
Grand Corbeau broie du noir. Il est noir noir noir…Il aimerait tant être un oiseau des îles, un oiseau de paradis, un oiseau plein de couleurs… Il se met à neiger et ce vilain temps n’arrange rien. Au détour d’un chemin, il rencontre un vieux poète en promenade. Ce dernier perçoit la tristesse de Grand Corbeau  et après lui avoir demandé pourquoi, lui explique alors que sa couleur, le noir, lui évoque « l’encre brillante de son stylo, la nuit profonde, l’eau des songes, la douceur de l’ombre ».
Un album en noir et blanc mais avec des touches de couleur pour nous parler de la différence et de l’acceptation de soi.  (A partir de 5 ans)

Première neige (texte de Marie-Astrid Bailly-Maître, illustré par Antoine Guilloppé)
Mine la souris attend son ami Gaspard, le loup. Ils se sont promis de se retrouver dès la première neige. Ils se dirigent vers une clairière et Mine sculpte avec la neige le portrait de Gaspard. Au tour de Gaspard de faire le portrait de Mine : il se met à gratter à creuser la terre sous la neige. Voilà, le travail est fini ! Mais Mine très déçue ne voit rien. Heureusement un corbeau veille : il propose à Mine de venir faire un tour sur son dos. Vu du ciel, Mine découvre alors son portrait. Une belle histoire d’amitié. (A partir de 3 ans)

Akiko la rêveuse : petit conte zen 
Au Japon, Akiko a fait un rêve étrange : dans son sommeil elle a parlé à sa grand-mère. A son réveil, entre rêve et réalité, Akiko se rend sur les bords du lac entrevu en songe. Sa grand-mère l’y attend sur une barque. Akiko retrouvera sa grand-mère le temps d'un dernier échange, le temps d'une rencontre entre printemps et automne, jeunesse et vieillesse, vie et mort. Une rencontre rendue possible grâce à l'amour que se portent la petite fille et la vieille dame.

Un petit conte zen qui aborde tout en finesse le voyage de la vie, l’attachement et la perte. Si, dans l’illustration, le noir et le blanc sont toujours présents, Antoine Guilloppé, dans cet ouvrage laisse plus de place à la couleur, et introduit de petits papiers découpés japonais pour dessiner les kimonos. (A partir de 5 ans)
Retrouvez Akiko dans d'autres titres :

Les aventures d’Akiko ont été mises en scène au théâtre par la compagnie Trigonelles. Elle vous propose un spectacle pour les petites oreilles.
Un dessin, on découpe et soudain dans la magie de l'ombre survient Akiko.
D'un petit bout de papier, on entre dans son monde, comme on entre en poésie.
Ce spectacle sans paroles est un haïku visuel.
 

 

 

Dernière station : plus des dessins, de la dentelle…

Pleine lune
Une nuit de pleine lune, les animaux de la forêt sont inquiets. Le loup ouvre les yeux, le renard sursaute… tous les animaux apparaissent les uns après les autres et leur inquiétude est perceptible.
Pour la première fois Antoine Guilloppé utilise la technique de la découpe laser : chaque animal  dessiné en noir et blanc est découpé en ombre chinoise  ce qui rend palpable l’inquiétude et la peur des animaux. Le texte simple et sobre accentue le malaise. Mais comme toujours chez cet auteur, le dénouement est serein. (A partir de 6 ans)

Plein soleil
Plein soleil  est le pendant de Pleine lune. Au monde de la forêt, la nuit, l’auteur oppose celui éclatant de la savane africaine.
La nature s’éveille de bon matin et Issa se prépare pour cette journée particulière. Il part dans la savane et  y rencontre tous ses habitants : les éléphants qu’il salue, le crocodile qui l’épie, les girafes que sa présence inquiète… Mais que cherche Issa dans la savane ? Quelque chose de rare et de précieux.

Dans cet ouvrage aussi, la technique de la découpe laser magnifie les animaux et les paysages dessinés. En plus du blanc et du noir, Antoine Guillopé introduit le doré.  Les éléments dorés scintillent avec parcimonie et révèlent leur rareté et leur richesse : le soleil, les bijoux… (A partir de 6 ans)

Little man
Toujours en voyage, toujours avec de la découpe laser, nous partons à New York à la rencontre de Cassius. Cassius est un jeune noir. Il a un rêve, celui de traverser le pont : franchir le grillage, courir dans les rues, jouer à cache-cache avec les adultes (blancs) de cette ville qui l’émerveille. Quand il rêve, la couleur rose est là. Il se souvient aussi qu’il a fui un pays en guerre. Ici il n’a plus peur, « la statue veille sur lui ». Une main se pose sur son épaule et lui chuchote : « ce soir, c’est ton anniversaire mon fils, nous allons traverser le pont ». 

Ce livre est une explosion d’intelligence et de finesse : un texte sobre ou tous les mots sonnent juste et une illustration ciselée.

King Kong 
L’auteur s’inspire librement de l’histoire éponyme. Une équipe de tournage débarque sur une île inquiétante. Dès leur arrivée, l’actrice principale se fait enlever par des indigènes qui l’offrent au roi Kong. L’équipage, avec à sa tête Jack le capitaine du bateau, part à sa recherche. Ils devront affronter bien des dangers dont peu ne reviendront. Par la ruse, Jack réussit à libérer sa fiancée. Pris d’une idée de folie, il capture le roi Kong et le ramène à New York. Le réveil du roi Kong sera terrible. 

Antoine Guillopé avec son talent de narrateur réussit à rendre accessible l’histoire aux plus jeunes. Les illustrations rendent à merveille l’inquiétude, l’angoisse et la peur… Mais ici on est dans un livre et c’est nettement moins effrayant que le film.

 

Enfin si vous souhaitez rencontrer (virtuellement) Antoine Guilloppé je vous propose une vidéo réalisée par nos collègues de la médiathèque  Hermeland de saint Herblain.