Les romans coups de cœur de Mister B

En panne d'inspiration pour votre prochain roman à lire ? Le fantastique Mister B nous a préparé une petite sélection éclectique de fictions à dévorer. Au menu, de l'exotisme, du fantastique et de l'humour !

Exotique :

 Concerto pour la main morte d’Olivier Bleys est un court roman dont l’histoire et l’écriture sont tout à fait charmants (un pianiste français vient se perdre dans la glaciale Sibérie). Epatant. Vous pourrez trouver de sympathiques appréciations de ce titre sur Babelio, un copieux (et sérieux) site collaboratif de critiques de livres.
   
 Haut vol, du même auteur, est aussi plein de charme. Le livre raconte l’histoire (fictive) d’un acrobate de cirque forcé d’accepter les conditions d’un manager patelin et cynique : exécuter des prouesses à une cinquantaine de mètres suspendu à la nacelle d’un aérostat. L’histoire se situe au 19e siècle où l’on verra que notre héros et sa petite famille en roulotte passent par bien des hauts et des bas !
L’auteur a, entre autres originalités, celle de poursuivre un tour du monde à pied en plusieurs séquences ; vous pouvez le suivre sur 
son blog.
   
 L’accordeur de silences de Mia Couto, dans un tout autre registre, nous transporte en Afrique et c’est une ambiance inhabituelle qui nous saisit à la lecture de ce roman, où l’isolement volontaire d’un père avec ses deux fils dans un environnement spartiate, évoque un certain réalisme magique. Nous sommes au fin fond de l’Afrique, dans une impasse géographique où la poussière rouge côtoie le fleuve limpide. Là, Mwanito, le fils cadet, onze ans, évolue avec son grand frère (et d’autres compagnons) fantasmant le monde extérieur qu’il ne connaît pas. Au cours de la lecture, nous verrons évoluer ce micro-monde géré par la tyrannie 

du père et connaîtrons la raison de cet isolement.
Une lecture rude et dépaysante par un écrivain mozambicain.

 


Fantastique / SF / fantasy :

 L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman. A l’occasion d’un déplacement lors d’obsèques familiales, un homme se remémore l’aventure fantastique qu’il a vécue alors qu’il avait sept ans. Nous sommes dans un coin perdu d’Angleterre  et notre petit héros découvre le cadavre d’un homme dans une voiture tout près de la maison où il vit avec ses parents et sa sœur. C’est ainsi qu’il se lie d’amitié avec Lettie, la dernière de la génération des Hempstock, famille de trois femmes, gentilles et puissantes sorcières hautes en couleurs qui habitent la ferme toute proche. 
Elles seront à ses côtés lorsque notre héros devra affronter des êtres maléfiques venues des profondeurs du temps, il tentera de convaincre ses parents que la nouvelle gouvernante Ursula Monkton n’est pas animée des meilleures intentions et devra affronter des créatures ailées au potentiel dévastateur terrifiant.
Un court roman initiatique tendre et captivant, 
prix Locus 2014 du meilleur roman de fantasy.
 
 Ferenc Karinthy est l’auteur d’Epépé, un roman troublant : un linguiste se rend à Helsinski pour y donner une conférence. Il s’endort dans l’avion, se réveille dans une ville inconnue dont il ne reconnaît ni la langue ni l’écriture. Il est des romans dont on se souvient ; Epépé, éminemment kafkaïen, est de ceux-là.

 

 

Humour :

Sławomir Mrożek et Frigyes Karinthy ont ceci en commun de n’être plus de ce monde (mais pas que), ce sont aussi des écrivains satiriques chez qui l’absurde côtoie l’humour et parfois le nonsense.

 

Sławomir Mrożek (1930-2013), polonais, est aussi dessinateur mais c’est Chaval qui a illustré Le Mrozek de poche, « abécédaire inutile » dans lequel trente-huit nouvelles loufoques se côtoient : on y croise, entre autres, un coursier unijambiste, un coq qui feint d’être un lion afin de devenir artiste ou encore un chien qui lit Hegel.
Réjouissant, n’est-ce pas ?

 
   
 Frigyes Karinthy (1887-1938), hongrois, est le papa de Ferenc (voir plus haut) ; son Je dénonce l'humanité, est un recueil de 40 nouvelles ironiques où la banalité du quotidien se transforme en comédie parfois burlesque : un homme essaie d'aider son fils à résoudre un problème de mathématiques dont il ne comprend que pouic ; un autre, soumis à la question, se réjouit d’avoir pu entamer un dialogue avec son bourreau ; où l’on apprend quelle est la meilleure manière d'extorquer cinq sous à un mendiant, etc. « En humour, je ne plaisante jamais » a écrit notre auteur.
Que rajouter ? Rien (et c’est déjà beaucoup).

 

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