Quand le volatile se prend pour Bernard Pivot (2)

Cet été, le volatile chausse ses lunettes et se prend pour Bernard Pivot, son idole. Il vous fera découvrir tous les mercredis jusqu'à fin août, un célèbre incipit (début d'un texte) tout en affûtant votre œil autant que votre cervelle. Pour son troisième round, le volatile vous propose de retrouver les 6 fautes qu'il a malicieusement glissées dans le début de Pars vite et reviens tard de Fred Vargas, un de ses romans préférés.

Quelques petites précisions : 
- le Joss, héros du roman, est bien un homme
- nous avons un doute sur la graphie de "parce que offrant" ou "parce qu'offrant", la première est celle du texte de la version papier du roman, la seconde apparait sur le PDF du texte que l'on trouve sur le site de l'éditeur. N'ayant pu trouver une règle claire et précise sur ce cas, nous acceptons les deux versions, et ne comptons pas cela comme une faute.
- et pour ceux qui auraient envie de rajouter un "e" à "tout entière" / "toute entière", je vous invite à réviser la règle. "tout" est ici un adverbe !

Voici le texte :

"I
Et puis, quand les serpents, chauves-souris, blaireaux et tous les animaux qui vivent dans la profondeur des galeries souterraines sortent en masse dans les champs et abandonnent leur habitat naturel ; quand les plantes à fruits et les légumineuses se mettent à pourrir et à se remplir de vers (…)

II
Les types, à Paris, marchent beaucoup plus vite qu’au Guilvinec, Joss l’avait constaté depuis longtemps. Chaque matin, les piétons s’écoulaient par l’avenue du Maine à la vitesse de trois nœuds. Ce lundi, Joss filait presque ses trois nœuds et demis, s’efforçant de rattraper un retard de vingt minutes. En raison du marc de café qui s’était déversé en totalité sur le sol de la cuisine. Ça ne l’avait pas étonné. Joss avait compris depuis longtemps que les choses étaient douées d’une vie secrète et pernitieuse. Hormi peut-être certaines pièces d’accastillage qui ne l’avaient jamais agressé, de mémoire de marin breton, le monde des choses était à l’évidence chargé d’une énergie tout entière concentrée pour emmerder l’homme. La moindre faute de manipulation, parce qu’offrant* à la chose une liberté soudaine, si minime fût-elle, amorcer une série de calamités en chaîne, pouvant parcourir toute une gamme, du désagrément à la tragédie. Le bouchon qui échappe aux doigts en était, sur le mode mineur, un modèle de base. Car un bouchon lâché ne vient pas rouler aux pieds de l’homme, en aucune manière. Il se love derrière le fourneau, mauvais, pareil à l’araignée en quête d’inaccessible, déclenchant pour son prédateur, l’Homme, une succession d’épreuves variables, déplacement du fourneau, rupture du flexible de raccordement, chute d’ustensile, brûlure. Le cas de ce matin avait procédé d’un enchaînement plus complexe, amorcé par une bénigne erreur de lancer entraînant fragilisation de la poubelle, affaissement latéral et épandage du philtre à café sur le sol. C’est ainsi que les choses, animées d’un esprit de vengeance légitimement puisées à leur condition d’esclaves, parvenaient à leur tour par moments brefs mais intenses à soumettre l’homme à leur puissance larvée, à le faire se tordre et ramper comme un chien, n’épargnant ni femme ni enfant. Non, pour rien au monde Joss n’aurait accordé sa confiance aux choses, pas plus qu’aux hommes ou à la mer. Les premières vous prennent la raison, les seconds l’âme et la troisième la vie."

Fred Vargas, Pars vite et reviens tard © Editions Viviane Hamy 2001

A gagner : une photo dédicacée du volatile (si, si) ainsi que de bien beaux marque-pages de votre portail culturel préféré… et surtout la gloire d’avoir relevé le défi de notre Bernard Pivot à plumes !

Z'attendez quoi pour envoyer vos réponses à webmasterbda@cg11.fr ??

(pensez à m'envoyer vos adresses postales si vous voulez récupérer vos gains !)

Retrouvez le premier jeu ici et le troisième

Et pour ceux qui aiment jouer avec les mots, retrouvez d'autres astuces du volatile sur la page d'accueil de la rubrique Livre et Médias

A vos plumes ! 

Rubrique: