Quand le volatile se prend pour Bernard Pivot (1)

Cet été, le volatile chausse ses lunettes et se prend pour Bernard Pivot, son idole. Il vous fait découvrir un célèbre incipit (début d'un texte) tout en affûtant votre œil autant que votre cervelle. Pour sa première, le volatile vous propose de retrouver les 5 fautes qu'il a malicieusement glissées dans le début de "Jacques le fataliste" de Diderot, un de ses romans préférés.

"Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait ou l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout se qui nous arrive de bien et de mal içi-bas était écrit là-haut.
LE MAÎTRE : C'est un grand mot que cela.
JACQUES : Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet.
LE MAÎTRE : Et il avait raison... Après une courte pause, Jacques s'écria : Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret !
LE MAÎTRE : Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.
JACQUES : C'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à l'abreuvoir. Mon père s'en aperçoit ; il se fâche. Je hoche de la tête ; il prend un bâton et m'en frotte un peu durement les épaules. Un régiment passait pour aller au camp devant Fontenoy ; de dépit je m'enrôle. Nous arrivons ; la bataille se donne.
LE MAÎTRE : Et tu reçois la balle à ton adresse.
JACQUES : Vous l'avez deviné ; un coup de feu au genou ; et Dieu sait les bonnes et mauvaises aventures amenées par ce coup de feu. Elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. Sans ce coup de feu, par exemple, je crois que je n'aurai été amoureux de ma vie, ni boiteux.
LE MAÎTRE : Tu as donc été amoureux ?
JACQUES : Si je l'ai été !
LE MAÎTRE : Et cela par un coup de feu ?
JACQUES : Par un coup de feu.
LE MAÎTRE : Tu ne m'en as jamais dit un mot.
JACQUES : Je le crois bien.
LE MAÎTRE : Et pourquoi cela ?
JACQUES : C'est que cela ne pouvait être dit ni plutôt ni plus tard.
LE MAÎTRE : Et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ?
JACQUES : Qui le sait ?
LE MAÎTRE : À tout hasard, commence toujours..."
 

Jacques le fataliste / Denis Diderot

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Retrouvez le deuxième jeu ici et le troisième

Et pour ceux qui aiment jouer avec les mots, les autres astuces du volatile se trouvent sur la page d'accueil de la rubrique Livre et Médias

A vos plumes !