MALI : Musiques des années 70 à nos jours.

Alain nous invite pour un voyage musical au Mali

(rendez-vous en bas de page pour écouter des extraits des albums cités)


C’est après son indépendance en 1960, et au cours de la décennie qui suit, que la nouvelle musique malienne prend son essor. La mise en place d’orchestres régionaux dans tout le pays va permettre aux musiciens de s’exprimer et d’évoluer, puis de « s’affronter » lors de biennales. Cette émulation va pousser les orchestres à progresser rapidement.


A Bamako, capitale du Mali, deux formations vont être les locomotives de la musique dans leur pays, dans l’Afrique de l’Ouest, et enfin reconnues en Europe.

Le premier de ces groupes se nomme le Rail Band. Leur répertoire est composé de chansons traditionnelles mandingues, de rythmes afro-cubains, de rumba congolaise et de variété française, pour satisfaire le public qui vient les écouter au Buffet Hôtel de la gare de Bamako.
Dès leur premier concert, en juillet 70, ils rencontrent un vif succès dû en grande partie à la voix et l’interprétation de Salif Keita. Rejoint par Djélimandy Tounkara (guitariste) et par Mory Kanté (kora & chant)  le groupe va prendre une autre dimension en conjuguant tradition et modernité africaineAprès trois années intenses (3 disques et de nombreux concerts).
Salif Keita change de groupe et intègre Les Ambassadeurs, autre orchestre emblématique de Bamako, avant d’entamer une carrière solo qui le conduira sur les scènes du monde entier. Son dernier album Tale est paru en 2012.
 
  
Ali Farka Touré est aussi une des futures vedettes qui émergent dans les années 70. Né dans le nord-est du pays au bord du fleuve Niger, il s’initie à la musique et aux instruments traditionnels avant d’opter pour la guitare. Un temps chauffeur il sillonne le Mali et s’imprègne du répertoire traditionnel. Il enregistre plusieurs albums s’accompagnant de sa seule guitare ou avec des musiciens jouant d’instruments traditionnels.
Son jeu de guitare virtuose et sa voix donne à penser que le blues est né sur les rives du fleuve Niger. Mais son succès reste local. Il lui faut attendre la fin des années 80 pour, qu’après sa signature chez World Circuit, il sorte plusieurs albums majeurs (The river ; The Source ; Savane) qui le font connaître dans le monde entier. Il obtient trois Grammy award aux Etats-Unis, dont le dernier pour son dernier album sorti après sa mort en 2006 : Savane.
  
Au cours des années 80, l’intérêt pour les musiques traditionnelles se fait sentir grâce à des labels tel que World circuit ou Real Word.

Toumani Diabaté considéré comme le meilleur joueur de kora de l’Afrique de l’Ouest est le chef de file des musiciens maliens avec  Ballaké Sissoko koriste lui aussi. Tous deux issus de familles de griots ils font leurs premières armes dans l’Ensemble traditionnel du Mali avant d’entamer leurs carrières solos. Toumani Diabaté enregistrera deux disques avec Ali Farka Touré et Ry Cooder  dont  In the Heart of the moon (2005), devenu depuis un classique.
 

Ballaké Sissoko a enregistré ces dernières années deux albums superbes avec le violoncelliste Vincent Segal.
  
Bassekou Kouyaté est lui un joueur de ngoni (instrument à cordes typiquement malien, quelque part entre le luth et le banjo). Avec son groupe Ngoni ba ils sont à la croisée de musique traditionnelle, du blues et de l’énergie rock quand ils branchent leurs instruments sur l’électricité. Comme nombre d’artistes maliens leur musique est ouverte sur le monde et incorpore des sonorités venues cultures ce qui en fait sans doute leurs succès de par le monde.
  
Amadou & Mariam sont sans aucun doute les chanteurs maliens les plus connus au monde. Amadou commence sa carrière en tant que guitariste au sein des Ambassadeurs dès ses vingt ans. C’est à  l’Institut des jeunes aveugles de Bamako qu’il fait la connaissance de Mariam. Devenu un couple ils se produisent durant les années 80 au Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. C’est en 98 avec la parution en Europe de l’album intitulé "Sou Ni Tilé" (Nuit et jour) contenant la chanson « Mon amour, ma chérie » que leur popularité va grandir rapidement.

Mais c’est en 2004 avec l’album  Un dimanche à Bamako produit et coécrit avec Manu Chao qu’ils atteignent leur apogée. Quatre ans plus tard  Welcome to Mali  confirme leur succès mondial. Ils sont dans tous les grands festivals, aux Etats-Unis et en Europe, jouent pour l’ouverture de la coupe du monde de football en Afrique du Sud…
  
Rokia Traoré est née en 1974 au Mali, près de la frontière mauritanienne, mais son enfance se déroule au fil des affectations de son père diplomate. De retour au Mali la jeune Rokia décide de devenir chanteuse et se fait vite remarquer à Bamako. Ali Farka Touré la repère, peaufine son apprentissage de la guitare et l'encourage à composer.
Deux ans plus tard en 1998 elle enregistre en France, Mouneïssa, premier album encensé par les critiques. Elle y chante en bambara s’accompagnant à la guitare ainsi que d’instruments traditionnels (Ngoni, ballafon).
Elle a depuis sorti cinq autres disques aux sonorités africaines et folk. Son talent est  reconnu aussi bien au Mali qu’en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis. 
 
  
Fatoumata Diawara est l’artiste malienne la plus en vue ces dernières années. Repérée par le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, il l’engage dans le film La Genèse (prix « Un certain regard » au festival de Cannes en 1999) afin d’interpréter le premier rôle féminin. Après une tournée de quatre ans avec la troupe du « Royal de luxe » elle est choisie pour interpréter le premier rôle féminin de l’Opéra du Sahel, à Bamako.
En 2007, elle interprète le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou, tirée du dessin animé de Michel Ocelot. Parallèlement Cheick Tidiane Seck (musicien malien) la prend sous son aile et elle chante sur un de ses albums.
En 2011 elle enregistre son premier album, Fatou, où se mêle rythmes folk, blues, pop et la langue de Wassalou, région où elle est née. Elle joue et chante dans Timbuktu (2014) où le film obtient le César du meilleur film et du meilleur réalisateur et meilleure musique  parmi les 7 Césars récoltés lors de la soirée.
 
Après un disque avec Roberto Fonseca, le pianiste cubain, elle multiplie les apparitions sur les disques de Bobby Womack, Ouma Sangaré, Herbie Hancock.
En ce printemps 2017 elle fait partie du nouveau projet de M (Matthieu Chedid) , Lamomali (bientôt à la BDA), album qui mêle l’univers de M et celui des artistes maliens tels que Toumani et Sidiki Diabaté, et le rappeur Oxmo Puccino originaire du Mali.
En espérant que Fatoumata nous revienne bientôt avec un nouvel album.
 
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire ces 2 ouvrages ou regarder ce DVD sur le blues :
Musiques modernes et traditionnelles du Mali de Florent MazzoleniSalif Keita, la voix du mandingue de Florent MazzoleniDu Mali au Mississippi de Martin Scorsese

Pour écouter des extraits des albums cités, c'est par ici :

 

 

En bonus, le clip d'une chanson extraite du nouvel album Lamomali de M