Lire, c’est guérir de la vie (même si on n’est pas malade)

En 1997, Danièle Sallenave se demandait dans son livre éponyme « A quoi sert la littérature ? ». Sans doute allez-vous trouver une partie de la réponse à cette question après avoir pioché dans cette « bibliographie de bibliographies » ci-après dont le thème est la bibliothérapie.

Bibliothérapie ? Ce terme laissera penser aux esprits simples que dévorer des livres (au sens propre) c’est se soigner -- le préfixe « biblio » (βιβλίον, biblion)  signifiant en effet « papier ». Que nenni, dans ce cas nous verserions dans la bibliophagie, qu’elle soit pratiquée par des humains tels que l’artiste Marie Sochor par exemple ou encore par ce coléoptère bon enfant nommée vrillette du pain (mais qu'est-ce que c'est ?) , « cauchemar des bibliothécaires », deux sujets évoqués sur cette page canadienne.

Bibliophagie ? c'est pour offrir ou pour une vrillette du pain ? :-)

Quant à la bibliothérapie – les esprits raffinés l’auront saisi – elle en est le pendant spirituel ; déguster le contenu de certains livres (par vous ou par d’autres choisis) dans le but de s’apaiser ou, plus largement, se construire une tête bien faite en peaufinant année après année son état d’humain avisé -- et rencontrer un jour le-livre-qui-a-changé-ma-vie--, telle est sa raison d’être.

A propos de ce « livre-bascule », voici ce qui est arrivé à Agnès Ledig devenue romancière (Juste avant le bonheur ; Pars avec lui , On regrettera plus tard …) : alors que celle-ci reposait le roman Ensemble c’est tout (Aussi disponible en livre lu, par Julie Gayet) d'Ana Gavalda , sa petite voix intérieure lui chantait « comme c’est beau »… et lui prit une « furieuse envie d’écrire ».

Comme l’avance Marc-Alain Ouaknin, philosophe et écrivain, dans Bibliothérapie. Lire, c’est guérir (Bientôt à votre disposition à la BDA. Réservez-le !), c’est avant tout le simple fait de lire qui compte (la nature du livre important peu), qui « dénoue les nœuds du langage, puis les nœuds de l’âme, qui s’opposaient à la vie et à la force créatrice » comme le traduit avec ses mots l’écrivain Régine Detambel dans la préface de son essai : Les livres prennent soin de nous

 

FICTIONS :

Aux petits mots les grands remèdes  de Michaël Uras. 
(coup de cœur d’une bibliothécaire invitée à la BDA de Carcassonne lors de la présentation de romans de la rentrée littéraire, par la librairie Sauramps).

Alex exerce le métier peu commun de bibliothérapeute, tentant de soulager les maux de ses patients grâce à la littérature. Parmi eux, Yann, adolescent handicapé et malmené à l'école, ou Robert Chapman, cynique et étouffé par son travail. Mais si Alex s'épanouit dans son métier, sa vie privée laisse à désirer. La littérature pourra peut-être l'aider lui aussi.

Philothérapie d’Eliette Abécassis.

Lassée de ses échecs amoureux, Juliette décide de suivre une philothérapie. Elle s'inscrit aux cours de philosophie en ligne d'un étrange professeur.

En annexe de ce livre, une bibliographie sur le thème de la bibliothérapie : En philosophie ; Et des histoires d'amour.

 

 

DOCUMENTAIRES :

À propos de la bibliothérapie :

L'art de lire ou Comment résister à l'adversité  de Michèle Petit. (Réédité en poche en 2016)

L'anthropologue expose l'intérêt de la médiation par le livre dans des situations d'instabilité politique ou de précarité, à travers des exemples d'actions menées en Colombie, en Argentine, au Brésil et en Espagne pour rassembler par la lecture des publics d'enfants et d'adultes.

Les livres prennent soin de nous : pour une bibliothérapie créative : essai de Régine Detambel. (Réédition en poche, février 2017)

Les livres peuvent soigner. L'auteure, écrivain et kinésithérapeute, montre que la littérature comme peut être un remède à la souffrance physique ou psychique. Formatrice en bibliothérapie créative, elle développe ici les grandes lignes de sa pratique.

La bibliothérapie en médecine générale de Pierre-André Bonnet.

Cette synthèse présente les principes et les possibilités d'application de la bibliothérapie dans le cadre de la médecine générale. L'auteur montre comment l'idée d'une thérapie par le livre et la lecture est apparue d'abord dans la littérature pour intéresser ensuite la psychologie, puis la science médicale. Il fait état des multiples propriétés et du mode de prescription du livre dans le soin.
Sommaire : après présentation des propriétés de la lecture, l’auteur propose différentes applications possibles de celle-ci en fonction du trouble avéré (ex. : anxiétés et phobies, troubles sociaux et délinquance, etc.). Suivent quelques éléments de réflexion sur le sujet ainsi que sur la prescription du livre (est-ce crédible et est-ce utile ? Prescrire quel livre…). Du sérieux !

 

« Médicalivres » :

Ces livres peuvent changer votre vie : 100 prescriptions de bibliothérapie d’Elodie Chaumette. 

L'auteure propose une sélection de livres, dans laquelle chacun est conseillé pour remédier à une situation particulière : consoler d'un chagrin, permettre de comprendre les complexes rapports humains, surmonter la perte d'un être cher, changer son regard sur l'existence, etc.

Remèdes littéraires : se soigner par les livres par Ella Berthoud, Susan Elderkin, Alexandre Fillon. 

Traiter par la littérature des pathologies aussi diverses que l'alcoolisme, le chagrin d'amour, l'hypertension, l'insomnie, le rhume des foins, le vieillissement, etc., c'est ce que propose cette bibliothérapie en conseillant une ordonnance de lectures classiques ou contemporaines.

Bibliocoaching : les livres à lire pour éclairer votre vie d'Emilie Devienne. (Bientôt à votre disposition à la BDA. Réservez-le !)

Qu'il s'agisse de littérature, d'essais ou d'ouvrages pratiques, l'auteure propose une bibliographie permettant à chacun de mieux se connaître, réfléchir sur ses amours, améliorer ses relations ou encore comprendre son mal-être.

Remèdes à la mélancolie : films, chansons, livres... : la consolation par les arts d’Eva Bester. (Bientôt à votre disposition à la BDA. Réservez-le !)

« Prolongement de l'émission d'Eva Bester sur France Inter, l'ouvrage revient sur les recettes incontournables et parfois étonnantes de ses invités pour contrer le chagrin et la mélancolie : livres, chansons, œuvres d'art, etc. L'auteure livre également son propre rapport à la tristesse et rend hommage à la capacité de chacun de cueillir les instants de plaisir. » (extrait d'un article sur normandie-actu.fr)

Les 100 livres les plus drôles  par Hubert Prolongeau. 

« Ce qui fait rire les uns ne fait pas toujours rire les autres. Mais les cent dés sont jetés. Ce livre est fini. On s'est bien marrés, non ? »

Quel est le point commun entre Jacques le Fataliste et Le journal de Bridget Jones ? L'humour, assurément. Qu'il soit comique et potache à la manière d'Alphonse Daudet dans son Tartarin de Tarascon, absurde avec La cantatrice chauve d'Eugène lonesco ou encore cynique à la façon de David Lodge dans Changement de décor, l'humour existe sous une infinité de formes et c'est ce que vous propose de découvrir Librio.

Guidé par Hubert Prolongeau, vous trouverez ici une invitation à lire ou relire les cent livres les plus drôles de l'histoire de la littérature. (Source éditeur).