Le Japon : entre modernité et tradition

Pour démarrer la rentrée en beauté, Virginie R vous embarque au Pays du Soleil levant pour observer l’originalité des mœurs et traditions de la culture japonaise.

Archipel éloigné, le Japon fascine le monde occidental dès l’ouverture de ses frontières en 1853 avec l’art de l’estampe  , kimonos, geishas, samouraïs, jardins   ou théâtre Nô abondant d’histoires de revenants. Actuellement renommé pour sa modernité, il s’impose au début des années 2000 en France avec la déferlante des mangas (bandes dessinées japonaises), le succès des films d’animation de Hayao Miyazaki, et côté littérature, la publication des romans d’Amélie Nothomb, où perce l’influence de la littérature et de la société nippone (Stupeur et tremblements, 1999), et enfin les ouvrages d’Haruki Murakami avec la traduction française d’1Q84 en 2011.

D’où vient cet engouement pour l’univers japonais ? Si l’on en croit l’écrivain voyageur Nicolas Bouvier : « On chercherait vainement un coin civilisé de la planète dont on soit plus mal informé » (Chronique japonaise, 1965)

« Arigatô ! » C’est parti avec quelques documentaires pour nous éclairer un peu.

Le Japon, résolument moderne

Confidences du Japon / Muriel Jolivet. – Bordeaux : Elytis, 2015
Troisième volet des chroniques japonaises de Muriel Jolivet illustré par un dessinateur de manga, truffé d’anecdotes et d’histoires authentiques directement liées à la société japonaise : travail et mariage, dépendance au  pachinko  (sorte de flipper japonais), émissions de télé pour aider à comprendre les états âme des animaux de compagnie. Le Japon, c’est aussi le pays des gadgets  avec la commercialisation d’un appareil permettant d’interpréter les émotions de votre animal. On apprend aussi qu’il est possible de louer un chien, une famille à l’occasion d’un mariage, un petit ami… etc
Un livre plein d’histoires passionnantes, sérieuses ou fantaisistes, permettant de lever le voile sur une société aux abords étranges.

Pourquoi les japonais ont les yeux bridés / Keiko Ichiguchi. – Bruxelles : Kana, 2007
Keiko Ichiguchi, mangaka (auteur de mangas), nous fait tout d’abord pénétrer dans le monde de l’édition des bandes dessinées japonaises, avec un portrait des « fous de mangas », des  séries à succès et des auteurs, dans un ouvrage rédigé comme un journal. Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés, aborde aussi la censure au Japon en matière de mangas ou de films, les fêtes occidentales ou traditionnelles, souvent reliées à la nature et au rythme des saisons, des légendes et histoires de fantômes.  Pour clôturer ce livre, la japonaise nous fait part de son expérience en Europe (« Une japonaise à Bologne ») suivie de quelques planches illustrant des anecdotes entre autres culinaires de ses séjours à Paris et Bruxelles.

Toquée de Tokyo / Anouchka Fieller. – La Broque : Les Petites vagues, 2007
Journal tenu par une enseignante à l’occasion de son arrivée à Tokyo,  elle dépeint la capitale et ses habitants, mais surtout, tout ce qui peut capter l’attention d’un occidental fraîchement débarqué, les détails incontournables pouvant susciter la surprise, l’interrogation, l’étonnement. Des photographies nous aident à mieux nous représenter les éléments évoqués surgissant de l’œil témoin : toilettes, téléphone, tri sélectif, ou détail invisible des rues ne portant pas de noms… tous les petits obstacles à franchir pour se repérer à Tokyo.

Tokyo Sanpo : promenades à Tokyo / Florent Chavouet. – Arles : P. Picquier, 2009
Florent Chavouet, dessinateur, a profité d’un séjour de six mois passé à Tokyo en 2006 pour sillonner et dessiner la ville et ses quartiers. On y retrouve une multitude d’objets, kanji, bâtisses, lieux traversés, spontanément annotés. Fourmillant de dessins, détails croqués par le regard amusé de l’auteur qui laisse libre cours à son imagination, Tokyo Sanpo est aussi un recueil d’impressions à mi-chemin entre la bande dessinée et le carnet de voyage.

Rites et traditions

Esthétiques du quotidien au Japon / sous la direction de Jean-Maris Bouissou. – Paris : IFM– Regard, 2014
Un recueil d’articles sur la civilisation et l’esthétique du Japon : maquillage, estampes, cérémonie du thé, mode, usage d’objets quotidiens, art du cadeau, artisanat, gastronomie ou jardins, s’inscrivent dans l’esthétique,  la rigueur et le raffinement d’un monde particulièrement codifié. Des temps antiques aux premiers shoguns (général en chef des armées), suivis de l’époque Edo (1603-1868), Meiji (1868-1912), jusqu’à la modernisation à la sortie de la seconde guerre mondiale, la tradition nippone persiste au fil des siècles à travers ses rites et le quotidien des japonais.

Le Japon éternel / Nelly Delay. – Paris : Gallimard, 1998
Une présentation de la civilisation japonaise des origines à l’époque Edo (XIXe siècle), met en évidence les éléments marquants qui ont façonné  et enrichi la culture nippone. Dans ce documentaire, sont abordées les croyances primitives issues du monde des Kami (esprits), l’implantation du bouddhisme, l’art de la cour basée dans la future ville de Kyoto durant la période Heian : femmes écrivains,  jardins et villas, théâtre de cour. Viennent ensuite les temps des samouraïs et des forteresses imprenables, le zen, la calligraphie et la cérémonie du thé, suivie de la période Edo (actuelle Tokyo) avec l’art des maîtres de l’estampe. On trouvera en appendice des témoignages et documents sur la poésie, la technique de l’estampe et le « fou de dessin » Hokusai.

Kimonos / Sophie Milenovich. – Paris : Seuil, 2007
Vêtement unique en son genre porté par les japonais jusqu’à l’arrivée de la mode occidentale en 1945, le kimono dont l’histoire, la coupe et les caractéristiques sont retracés dans cet ouvrage illustré, est resté un symbole de la tradition japonaise. C’est en parcourant ce livre qui fait alterner textes et photographies que le kimono n’aura plus de secret : de son origine à sa conception, l’art de le porter selon les époques et les circonstances, sans oublier les accessoires qui l’accompagnent.

 

Maiko : journal d’une apprentie geisha / Koyoshi de Kyoto. – Arles : P. Picquier, 2016
Ce récit autobiographique présente le parcours aux multiples étapes de Kokoshi qui rêve de devenir maiko (apprentie geisha), selon la tradition. Vêtements, maquillage et coiffure répondent à des règles précises faisant partie des normes et conventions. La fête du printemps et du sanctuaire de la ville sont également décrites à travers ce livre illustré qui nous plonge au cœur du rituel ancestral de Gion, quartier de Kyoto célèbre pour ses geishas (artistes).

 

L’art culinaire

Riz japonais : riz sauté, maki, sushi, onigiri / Laure Kié. – Paris : Mango, 2014
Le riz constitue la base de la cuisine japonaise, les grains de forme ronde à la texture collante, font de lui un atout pour la préparation des sushi.  Il peut être  associé à une lamelle de poisson frais coupé en tranche, des fruits de mer ou autres garnitures. Dans le cas des sushi  maki, l’ensemble de ces ingrédients est enroulé dans une feuille d’algue séchée. On appréciera aussi  les onigiri, sandwichs ou boulettes de riz triangulaires souvent fourrés de viande ou de poisson.

Nouilles japonaises : soba, ramen, udon, somen / Laure Kié. – Paris : Mango, 2013
Il n’y a pas que le riz et le poisson cru dans la cuisine japonaise, les nouilles sautées ou mélangées dans un bouillon, sont aussi largement consommées. Avant de se lancer dans la préparation d’une recette, voici quelques repères permettant de les distinguer :
-          Pâtes composées de blé, les ramen sont préparées dans un bouillon avec des morceaux de viande ou de poisson, des légumes et autres ingrédients.
-          D’origines chinoises comme les ramen, les udon ont pour caractéristique d’être épaisses et appréciées froides en été.
-          Nouilles japonaises élaborées à partir de farine de sarrasin, on reconnaît les soba à leur couleur marron.
-          Pâtes toutes fines, les somen sont généralement servies dans un bol de bouillon.

L’heure du bentô / Abe Naomi. – Arles : P. Picquier, 2012
Emporté sur le lieu de travail, le bentô rythme le quotidien des repas japonais. Menu équilibré aux ingrédients soigneusement répartis dans une boîte à plusieurs étages, le bentô s’articule autour des témoignages des habitants photographiés à l’heure intime du déjeuner : infirmière, montreur de singe, fabricante de confiture, batelier ou lycéen, livrent pêle-mêle leurs impressions  sur la cuisine, décrivent l’organisation de leur journée et leurs activités, partagent leurs souvenirs.

 

Thés japonais : la maison de thé Jugetsudo / Chihiro Masui. – Vanves : Chêne, 2015
Si la préparation du thé ne se prend pas à la légère dans le cadre de la cérémonie du thé pouvant durer jusqu’à quatre heures, le thé vert est une boisson courante au Japon et accompagne aussi les sushi. Plusieurs étapes sont nécessaires pour en apprécier le goût et la saveur. Journaliste gastronomique, Chihiro Masui présente les différentes variétés des thés  à travers cet ouvrage aux nombreuses photographies. On pourra ainsi se renseigner précisément sur sa préparation, sa composition, et trouver des conseils sur la température et le temps d’infusion. Des recettes au thé sucrées et salées se trouvent en fin de document.

L’âme d’un samouraï…

Les samouraïs, histoire illustrée / Mitsuo Kure. - Arles : P. Picquier, 2014
Brossant le portrait d’une figure héroïque du Japon médiéval, ce livre relate l’histoire des samouraïs (terme désignant à l’origine « celui qui sert »), et nous fait parcourir l’histoire de l’Archipel, des guerres et des combats menés au fil des ères, du XIIe au XIXe siècle. La plupart du temps représenté muni d’un sabre, d’un casque et d’une armure, le samouraï apparaît au centre des estampes ou dessins présentés. On y découvre aussi leurs armes, leurs châteaux et leurs intrigues.

Yakuza : la mafia japonaise / David Kaplan, Alec Dubro. – Arles : P. Picquier, 1990
Ayant pour signe distinctif tatouages et phallange amputée, personnage emblématique de la mafia japonaise que l’on retrouve parfois dans l’univers fictif des romans policiers (Tokyo de Mo Hayder) et des bandes dessinées (Sept yakuzas  de Jean David Morvan et Takashi Hikaru),  l’histoire des yakuzas est retracée depuis ses origines obscures en pleine période féodale. Les auteurs explorent l’organisation des gangs et l’expansion du crime organisé.
 

Les évaporés : enquête sur le phénomène des disparitions volontaires du Japon / Léna Mauger. – Paris : Les Arènes, 2014
Les évaporés est l’ouvrage d’une enquête menée sur les japonais qui disparaissent sans laisser de traces (100 000 par an). Hommes déchus, changeant d’identité et vivant dans l’anonymat, ils sont condamnés à fuir suite à une perte d’emploi, des dettes ou échec en tout genre. Il s’agit aussi d’un reportage photographique qui évoque ces hommes d’errance privés de leurs droits, se livrant à des rabatteurs ou s’engouffrant  aux confins des villes et des campagnes.

 

A lire aussi les premières pages de romans en lien avec le Japon
dans notre rubrique Ca a débuté comme ça

 

Pour aller plus loin…

du côté des bibliothécaires : 

La BDA met à votre disposition deux expositions :

-  Mieux comprendre le manga : manga.pdf

- La cérémonie du thé : heure du thé.pdf