J’ai pas envie de lire !

Ils sont au collège. Tout se passe à peu près bien : la gestion de l’emploi du temps, les changements de classe, les nouveaux profs…Oui mais voilà beaucoup de choses à faire et plus le temps de lire. Et puis bon, "lire c’est la loose" !!! Voici une sélection de 6 romans pour tenter de séduire ce public de collégiens quelque peu fuyant…

Charly et moi d’Agnès Laroche

« Je ne sais pas lequel de nous deux a été le plus surpris de Charly ou de moi. Quand les gens me voient pour la première fois, il leur faut un petit temps d’adaptation… »
Charly et moi, c’est la rencontre de deux adolescents différents. Elle, Diane, 14 ans est atteinte de graves malformations cardiaques. Lui, Charly, 14 ans aussi, cache la moitié de son visage derrière de longs cheveux et un chapeau. Ils ne peuvent aller au collège. De leurs échanges quotidiens, et « cash » comme nous le dira Diane,  naît une belle amitié. Mais un jour Charly disparaît. Malgré sa maladie, Diane mène l’enquête et part à sa recherche.
Un joli texte, bien écrit et agréable à lire qui joue la carte du suspense et fait la part belle à des sujets tels que la différence, la solitude et l’amitié.

Etoile filante de Youri de Paz
Stella, jeune allemande de 12 ans, furète dans le grenier familial. Au fond de la poche d’une drôle de veste, elle fait une sacrée trouvaille… Une étoile de David. Plus tard, elle découvre une photo qui la glace d’horreur. Son grand-père Otto, qu’elle adore, en uniforme de la Wehrmacht arrête un enfant juif  à la sortie de l’école. S’engage un duel terrible entre Stella qui veut connaître la vérité, son grand-père et ses parents, murés dans le plus profond des mutismes. Un roman court qui évoque avec justesse et finesse toute une palette de sentiments : la déception, la révolte, l’incompréhension pour Stella, l’incapacité de dire pour le grand-père et les parents. Un texte intéressant pour une évocation de la Shoah au travers de la deuxième et troisième génération allemande, qui nous propose une fin inattendue.
Ne plus se taire de Véronique Olivier-Barberon
« Lucie dépassa la silhouette hésitante, abritée sous un parapluie rouge. Elle fit trois pas supplémentaires avant de réaliser qu’il s’agissait de sa veille voisine qui vivait au bout de l’impasse. Elle l’avait rencontrée le lendemain de leur déménagement à cause d’une lettre qu’elle avait dû lui apporter. Alors que la moitié grincheuse de Lucie voulait passer son chemin, son autre moitié spontanée et joyeuse pris le dessus sans crier gare.
-Vous voulez que je vous aide madame ? »
En quittant Hortense ce jour-là, Lucie remarque ce cadre particulier accroché au mur : un morceau de tissus sale et abimé avec un numéro dessus.
« -Pourquoi avez-vous encadré ce morceau de tissus demande Lucie ? »
Ne plus se taire c’est la magnifique rencontre  entre Lucie, adolescente en crise et en rébellion contre son père, et Hortense la veille dame prisonnière de son histoire et de sa solitude. Le secret de l’une et le besoin d’être écoutée de l’autre vont les conduire à s’aider.
Dans ce texte juste et authentique, inspiré par le témoignage de son beau-père, l’auteure nous livre ici un récit tout en finesse sur la résistance et la déportation.

Le Mystère de la rue noire de Bernard Peigné

Bretagne, 1919, au lendemain de la première guerre mondiale. Jean, Narcisse et Michel sont tous les trois pensionnaires au petit séminaire. En rentrant d’une promenade, ils aperçoivent une silhouette dans une maison abandonnée. Malgré la punition sévère s’ils se font prendre, Jean et Narcisse  font le mur pour visiter la maison. Ils tombent sur un cadavre. S’armant de tout son courage, Jean se rend chez le supérieur pour lui parler de leur découverte. Mais le cadavre disparaît et on ne les croit pas. Jean décide de mener l’enquête de son côté.
En 1919, les personnages ne disposent ni d’internet, ni du téléphone  pour mener l’enquête : elle durera des mois. Au-delà de l’intrigue policière, l’intérêt de ce roman réside dans la découverte de la vie au petit séminaire, un monde de discipline et d’obéissance, de petites bêtises et d’infimes récompenses qui rendaient heureux. L’auteur rend parfaitement l’ambiance d’après-guerre et aborde finement les thèmes du nationalisme, de l’antisémitisme et du communisme.

La Traversée de Jean-Christophe Tixier

Jeune africain, Sam voyage à bord d’un bateau de migrants : destination l’Europe. A travers les flashbacks, nous découvrons ainsi le périple de Sam depuis son pays jusqu’à la Lybie où les passeurs vont le faire embarquer. Les relations avec sa famille ; son meilleur ami Youssou qui devait l’accompagner ; les passeurs qui réclament une grosse somme d’argent, ceux qui le dépouillent ; ses compagnons d’infortune, dont la belle Thiane et le triste destin qui la pousse à fuir vers l’Europe ; le camp d’internement à attendre le jour du départ… Le roman de Jean-Christophe Tixier nous expose tout avec précision et nous offre des portraits émouvants de ces hommes et femmes qui cherchent une vie meilleure, quitte à prendre tous les risques. Un roman court mais passionnant, ou terrifiant, qui prend également le parti de nous offrir une fin sans concession et pourtant totalement ouverte. Attention aux âmes sensibles

Le Boc note de Louise : Fan de lui de Charlotte Marin et Marion Michau

Rickyyyy !!! Ça c’est Louise au concert de son groupe préféré : les Connections. Quelques heures plus tard, on sonne à la porte de son vétérinaire de père ! Et là Louise n’en croit pas ses yeux ! Ricky, le chanteur vedette des Connections, en chair et en os dans son salon, pour faire soigner son furet. Puis le rêve, pour les remercier, Ricky invite Louise à passer un week-end avec lui et son groupe.
Louise c’est l’adolescente typique, fan à 200 % d’un chanteur ou d’un groupe. Elle est naturelle, bien dans son époque et terriblement gaffeuse.
De son week-end avec son groupe préféré, elle tirera beaucoup d’enseignements. Un roman « girly » très réussi, bourré d’humour, avec un langage très ado qui se lit facilement. Gai et rafraichissant ! On attend la suite avec impatience.

 

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