Les coups de coeur de Monsieur M (comme Musique)

2017 a vu l’émergence de nouveaux talents, de nouvelles voix, voici mes coups de cœur. Chansons françaises et d'ailleurs...

D’abord avec la chanson française et ces cinq artistes français et leur premier album.

Clio

Clio tout d’abord avec son univers littéraire, cinématographique nous fait penser à Vincent Delerm. Dix chansons comme autant de vignettes où se mêlent la tendresse, la mélancolie et l’humour. La chanson Eric Rohmer est mort cerne bien l’univers du cinéaste, avec en bonus une version chantée en duo avec Fabrice Luchini. Dans Les équilibristes,  elle chante les jeunes enfants qui dévalent une pente à vélo et, grâce à ses mots, nous vient immédiatement des images ou des souvenirs chargés d’émotion. C’est cette capacité à créer ces courts métrages chantés qui font d’elle un espoir de la chanson française.

  

Juliette Armanet : Petite amie

Une autre chanteuse fait beaucoup parler d’elle cette année, j’ai nommé Juliette Armanet. Que ce soit sur ses titres piano-voix ou sur ses chansons plus pop, elle nous touche à tous les coups. Un peu de Sheller, de Véronique Sanson et de Souchon, elle s’inscrit d’emblée dans la tradition de la chanson française de qualité, tout en ayant son univers bien à elle. La Petite amie son premier album est très abouti. Armanet nouvelle reine de la chanson française ? (voir la pochette de son CD ). Moi je suis sous le charme…

  

Hildebrandt : Les animals

Au rayon homme, je voudrais vous présenter le 1er album solo de Hildebrandt. Le chanteur et parolier du groupe« Coup d’marron » s’émancipe et nous livre un disque aux chansons entrainantes sur des sons tantôt rock tantôt pop, aux refrains accrocheurs.  Sur ses rythmes dansants, les paroles, elles, sont plus sombres et mélancoliques mais le talent d’écriture d’Hildebrandt et sa tendresse, qui souvent affleure, en font un disque fort et attachant.    

  

Gauvain Sers

L’année 2017 a été décisive pour lui. Après une tournée en première partie de Renaud qui, sur 75 dates, l’a emmené aux six coins de l’hexagone, il a sorti son premier album en juin. Adoubé par son mentor, Renaud, on retrouve sur son disque l’univers de Séchan, des chansons engagées (Hénin- Beaumont ; Mon fils est parti au djihad) ou des titres plus tendres sur l’enfance, l’amour et un titre co-signé avec Clio (Le rameau). Parmi ses références, il cite Allain Leprest , Les Ogres de Barback, Brassens, aussi. Grâce à la finesse de ses textes et à la variété des sujets traités, il saura décoller l’étiquette de nouveau Renaud dont l’a affublée la presse.  

  

Fishbach : A ta merci

Remarquée au festival des Inrocks en 2015, primée au festival de Bourges en 2016 et après une résidence aux Transmusicales  de Rennes, Fiscbach sort en 2017 son album aux sonorités électro-pop des années 80. Si sa musique peut sembler, au premier abord manqué  de chaleur, sa voix grave et légèrement éraillée, elle, n’en manque pas. Il faudra peut-être deux ou trois écoutes pour apprécier pleinement ce disque, ou mieux encore, la voir en concert où l’on mesurera son talent.

Après avoir fait un petit tour de l’hexagone élargissons notre focale et ouvrons nos oreilles aux sons venus d’ailleurs en commençant par l’Australie. 

Cameron Avery : Ripe dream, pipe dreams

Ex-batteur de Pond et bassiste de Tame Impala, le songwriter Cameron Avery sort son premier album et s'annonce comme une des révélations 2017. Cameron Avery est un songwriter et multi-instrumentiste australien, désormais basé à New York.
Dès 2007, poussé par Kevin Parker de Tame Impala, il lance son projet solo, The Growl, et sort un EP de rock'n'roll psychédélique et agressif. Puis il est recruté sur d'autres projets, tantôt batteur du groupe Pond, tantôt bassiste de Tame Impala lors de leur tournée en 2013. 

Cameron continue à composer sur son temps libre, et lorsqu'une pause se dessine pour Tame Impala, il s'installe aux Etats Unis pour travailler son projet. Il arrive avec huit chansons, s'en débarrasse de sept, en réécrit douze. Il enregistre l'album à Los Angeles et joue la plupart des instruments tout en s'entourant du musicien de génie Jonathan Wilson, producteur de l'album qui le pousse à mettre en avant sa voix de baryton, contrairement au chant grondant et masqué de The Growl. Son timbre grave rappelle Nick Cave, Scott Walker ou Tindersticks, et les transcendants premiers singles C'est toi et Wasted on fidelity évoquent un certain Father John Misty...
 

The Orwells

Nous voici maintenant aux Etats-Unis dans la banlieue de Chicago pour découvrir un jeune groupe de rock : The Orwells.  Certes, rien de révolutionnaire sur ce disque sinon des bonnes chansons, des bons riffs de guitares et une bande de copains qui a bien digéré la musique de leurs aînés tels que les Strokes, les Pixies à qui ils rendent hommage avec la chanson Black Francis (leader des Pixies).  Un album qui donne la pêche, à suivre.