Bibliothèques, censure et caricatures

Les bibliothèques sont des lieux encyclopédiques de libre réflexion. A ce titre, elles encourent parfois la censure. Elles doivent alors s’engager comme les caricaturistes, « fantassins de la démocratie », aux côtés de la liberté d’expression.

“La mission fondamentale des bibliothécaires et autres professionnel(le)s de l'information est d’assurer à tou(te)s l’accès à l’information pour le développement personnel, la formation, l’enrichissement culturel, les loisirs, l’activité économique ainsi que la participation informée à la démocratie et à son progrès.
Les bibliothécaires et les autres professionnel(le)s de l'information rejettent toute forme d'interdiction ou de restriction de l’accès à l’information et aux idées, particulièrement par la censure, qu’elle soit exercée par des États, des gouvernements, des institutions religieuses ou civiles.”

(Code d’éthique de l’IFLA (fédération internationale d’association de bibliothécaires) 

 

Aux Etats-Unis, depuis 1982, la lutte contre la censure prend chaque année la forme d’une semaine des livres interdits. Mais la censure ne règne pas qu’Outre-Atlantique : les bibliothèques françaises doivent aussi régulièrement y faire face. En 2014, ce sont des tentatives de censure sur une liste d’ouvrages de littérature jeunesse sur l’égalité homme/femme qui ont suscité l’indignation. Les récents attentats terroristes à Paris (Charlie Hebdo) et Copenhague ont inspiré à la Médiathèque Pierres Vives (Montpellier) une simulation de ce que serait une bibliothèque sans liberté d’expression

C’est que la censure a de multiples visages, le terrorisme en étant la face la plus révoltante. Le livre noir de la censure (2008) sous la direction d’Emmanuel Pierrat, offre un panorama sur la censure : de l’émergence des lobbies intégristes à la mise en cause des humoristes et caricaturistes, des menaces financières aux menaces physiques etc… Mais loin de la violence meurtrière, la censure peut aussi se faire insidieuse. Dans Les nouvelles censures : dans les coulisses de la manipulation de l’information, P. Moreira met à nu les techniques de manipulation de l’information et de gestion de l’opinion employées par les pouvoirs.

Les bibliothèques permettent de faire le lien : tout document, aussi singulier soit-il, doit être classé au sein d’un fonds. Tout événement s’inscrit dans un contexte plus large. Savez-vous de quelle histoire mouvementée est issue la culture de la caricature ? L’exposition virtuelle de la BnF, Daumier et ses héritiers, et la petite histoire du dessin de presse proposé sur l’incontournable caricaturesetcaricature.com vous donneront en ligne les jalons nécessaires à la compréhension des évènements récents.

Les documents que recèlent les bibliothèques éclairent l’actualité, la remettent dans un contexte. Des ouvrages comme L’art et l’histoire de la caricature et Naissances de la bande dessinée  (voir la présentation de l’ouvrage )  inscrivent le genre au cœur des (r)évolutions artistiques et sociales. Le catalogue hétéroclite d’un cycle de conférence  (deux volumes : De Diogène à Charlie Hebdo et de Plaute à Reiser) replace de son côté la caricature dans la grande lignée du rire de résistance. « Le rire est aujourd'hui le seul parti d'opposition en France » Ribes. 

C’est que la caricature accompagne depuis le 16°siècle et la Réforme les luttes contre les pouvoirs. A bas la calotte ! revient sur la caricature anticléricale qui a joué un grand rôle dans la séparation de l’église et de l’état. Plus récemment, le livre et le fim documentaire, Caricaturistes, fantassins de la démocratie (2014) nous permettent de suivre à travers le monde 12 dessinateurs de presse engagés. 

 

 

 

 
Envie de vous lancer et de rejoindre les rangs des caricaturistes ? Le guide La Caricature  vous révèlera les secrets des spécialistes…