La gravure dans tous ses états

La gravure, héritière à l‘origine de l’art de l’orfèvrerie, a tiré parti au fil du temps de l’évolution des techniques, à commencer par l’invention de l’imprimerie. Tous les procédés sont représentés dans nos fonds, du plus ancien au plus moderne, des frontispices gravés au burin aux timbres typographiés.

Quelques techniques de gravure représentées dans nos fonds

Le burin

Certainement  la plus ancienne technique de gravure en creux (ou taille-douce), le burin emprunte son nom à l’outil utilisé. Proche de l’orfèvrerie, nécessitant à la fois assez de force dans la pression et une dextérité certaine dans  le creusement des sillons courbes, elle est portée par des artistes virtuoses à la Renaissance mais connaît  un relatif abandon avec le développement de la technique de l’eau-forte.

Le burin est utilisé pour tracer les traits  en enlevant la matière (cuivre, acier, fer etc.)  par copeau ; lorsqu’il s’agit de courbes c’est la plaque à graver qui doit être tournée sur un coussin afin d’obtenir une certaine fluidité du geste. Les valeurs sont obtenues par la profondeur  de la taille.

On utilise la « pointe » ou le « burin » pour tracer, le « grattoir » pour enlever les barbes  et pour les parties à atténuer, voire effacer le « brunissoir ».

6JJ3/47 Gillet de Moivre. La vie et les amours de Tibulle chevalier romain et de Sulpice dame romaine… : tomes 1 et 2


La xylographie

La technique de gravure sur bois nait en Occident au XVe siècle. Il s’agit d’une technique en relief, dite aussi en taille d’épargne. Le graveur creuse la matrice à l’aide d’une gouge et ce sont les surfaces et non les creux qui reçoivent l’encre ; l’impression se fait donc en relief.

Peut-être d’abord conçue pour l’impression sur tissu, la gravure sur bois est très vite utilisée pour le papier. Son développement  est concomitant  à l’apparition des cartes à jouer en Occident vers 1370 et apporte une possibilité de multiplication mécanique des images. L’impression des cartes elles - mêmes se fait par planches de vingt (en général), la colorisation par pochoirs.  Au début de leur expansion ce sont des tailleurs d’images qui produisent aussi bien  des images pieuses et des illustrations de de proverbes, de maximes ou thèmes populaires. Puis les métiers se spécialisent mais les pratiques restent jusqu’à l’industrialisation des techniques d’impression au XIXe siècle.


2 Fi2388 Cartes à jouer XVII-XVIIIe siècle

La production livresque bénéficie bien sûr aussi de cette avancée technique au service de l’art. L’image, si elle n’est pas peinte, est portée sur le texte par gravure en même temps que le texte jusqu’à la mise au point de la typographie par Gutenberg. A la fin du XVe siècle apparaissent les premiers ouvrages illustrés de planches. Durant des siècles la technique du « bois de fil » (planche qui a été coupée dans le sens de la fibre du bois) est utilisée avant d’être supplantée par la technique du « bois de bout » (planche coupée perpendiculairement à la fibre du bois) apparue au XVIIIe siècle  où le bois est incisé avec un instrument pointu en métal comme en taille-douce. Ce procédé permet d’obtenir des lignes plus fines, plus précises.

La xylographie moderne a bénéficié d’un ensemble de nouveautés, comme l’emploi de bois plus tendres, l’emploi de gouge en V, l’utilisation de rouleau encreur. Le geste en est plus fluide. Cependant on peut remarquer le choix délibéré des artistes modernes de faire apparaître la rugosité du bois donnant un aspect « ligneux » aux productions.  La « Revue méridionale », carcassonnaise,  publie  les œuvres littéraires  d’Achille Rouquet mais aussi  ses œuvres gravées et celles de ses fille et fils, Jeanne et Auguste.  Dans le temps  elle donne de plus en plus de place aux  illustrations tirées de lithographies, xylogravures, photogravures évoluant ainsi vers une formule de revue d’art totale. 

5JJ7/139 La ville du passé / Auguste Rouquet ; bois gravés originaux de Achille, Jane et Auguste Rouquet. - Carcassonne : M. Jordy, 1925. - 72 p.

B°52 La ville du passé / Auguste Rouquet ; bois gravés originaux de Achille, Jane et Auguste Rouquet. - Carcassonne : M. Jordy, 1925. - 72 p.

B°194 La cité de Carcassonne : sept gravures sur bois d'Edmond Baugé. - Ex. numéroté : 67. - Cognac : Chantecler, 1921. - 7 pl. gravées.

 

Mais aussi :

Jusqu’au 17 janvier prochain,  le Petit Palais présente une exposition dédiée à l’estampe fantastique du XIXe siècle.

http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/fantastique-lestampe-visionnaire-de-goya-a-redon

Et bien sûr :

http://www.montolieu-livre.fr/le-musee
http://www.montolieu-livre.fr/

 

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