La Force noire

Exposition virtuelle réalisée par les Archives départementales de l’Aude et le Centre national des Archives du Burkina Faso.

 

Lire la suite

 

Du recrutement à l’embarquement
Partie traitée par le CNA du Burkina Faso

 

Lire la suite

 

En France, avant de partir pour le front
Partie traitée par les Archives départementales de l’Aude

 

Lire la suite

 

Combattre pour la France
Partie traitée par les Archives départementales de l’Aude

 

Lire la suite

 

La Haute-Volta durant le conflit : le poids de la guerre, les révoltes
Partie traitée par le CNA du Burkina Faso

 

Lire la suite

 

L’image du tirailleur sénégalais dans la société française
Partie traitée par les Archives départementales de l’Aude

 

 

 

 

 

La Force noire en littérature de JeunesseBibliographie et Sitographie


La France et le Burkina Faso ont un passé commun. Ce moment de leur histoire, ils l’ont vécu et partagé, souvent dans la douleur et l’incompréhension. En cette année 2014, on ne pouvait commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale sans mettre en lumière l’engagement, dans ce conflit européen, des colonies françaises alors implantées en Afrique.

Le Centre national des Archives du Burkina Faso et les Archives départementales de l’Aude, qui entretiennent depuis 15 ans des relations privilégiées (coopération dans le domaine de l’archivistique contemporaine et de la médiation culturelle), ont décidé de concevoir dans ce cadre une exposition virtuelle consacrée à la mémoire de ces hommes venus d’Afrique combattre aux côtés des soldats français.

Le titre choisi pour cette exposition fait bien évidemment référence au livre publié en 1910 par Charles Mangin et qui fut véritablement à l’origine de « l’appel à l’Afrique ». L’idée principale développée dans l’ouvrage, qui rencontre très vite un réel succès, est simple : faire de l’Afrique noire un auxiliaire de la puissance française face à l’Allemagne. C’est un réservoir d’hommes auquel la France peut avoir recours dans la perspective du conflit qui s’annonce. Mais si, du fait de la montée des tensions avec l’Allemagne, le projet reçoit plutôt un accueil favorable dans l’opinion, il n’en est pas de même dans les milieux coloniaux qui redoutent une conscription généralisée qui les priverait de main-d’œuvre.

De fait, c’est par un décret de 1857 que l’empereur Napoléon III a donné naissance aux « tirailleurs sénégalais ». Ces régiments, dont le recrutement ne se limite pas, en dépit de leur nom, au Sénégal mais couvre toute l’Afrique de l’Ouest, sont d’abord cantonnés aux opérations militaires en Afrique (conquête de Madagascar en 1895, conquête du Maroc en 1908 et opérations de « pacification » au cours des années suivantes, etc.). Le corps des tirailleurs sénégalais (12 000 hommes en A.O.F en 1914) fait partie de l’armée coloniale qui, jusqu’en 1900 porte le nom de troupes de marine. A cette date, la tutelle de cette force combattante passe du ministère de la Marine à celui de la Guerre. Le 2 août, la mobilisation est décrétée en A.O.F. Trois recrutements successifs sont organisés de septembre 1914 à octobre 1915. De fait, dans les six premiers mois de la guerre, l’A.O.F. envoie plus de 11 000 hommes à l’extérieur ; en 1915, plus de 34 000 hommes. Les données statistiques sont trop imprécises, voire contradictoires, pour nous permettre d’établir un bilan véritablement fiable. On peut toutefois se risquer à donner des estimations : 134 000 soldats noirs débarqués en Europe au cours du conflit ; un peu plus de 30 000 morts. C’est un des contingents coloniaux les plus éprouvés puisqu’environ un homme sur cinq périt durant la guerre.

C’est l’histoire de ces soldats, de leur sacrifice, de leurs révoltes aussi, que nous souhaitons évoquer à deux voix dans cette exposition virtuelle. Nous n’avons pas la prétention de faire ici un travail scientifique, encore moins de tendre à l’exhaustivité. C’est une simple invitation à la découverte d’un aspect de la Première Guerre mondiale, resté trop longtemps dans l’ombre en Europe.

Rubrique: